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      Prier quand on est malade.

Prier quand on est malade.

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  • 11 février 2020
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Combien de fois, dans nos visites à des paroissiens hospitalisés, n’avons‐nous pas entendu que la prière leur était difficile.


Et pourtant, disent‐ils, Il n’y aurait que cela à faire ou encore : Nous en aurions tellement besoin. Ce regret pourrait vite se transformer en culpabilité et devenir une souffrance. Oui, quand nous sommes malades, il est difficile de prier !

Je me souviens, alors que j’étais séminariste, cloué au lit par je ne sais plus quelle grippe, qu’un copain m’avait dit gentiment : Tu verras, on ne sait plus prier, mais tu peux toujours dire des Je vous salue Marie ! Je me souviens aussi, au cours des diverses hospitalisations que j’ai eu à vivre (ou à subir !), combien j’avais du mal à simplement ouvrir mon psautier ou à lire les textes de la messe du jour.

Quand nous sommes hospitalisés, tant de choses nous paraissent insignifiantes, sinon les soins, petits et grands, qui nous sont prodigués, et même les visites de nos meilleurs amis doivent ne pas trop durer.

La fatigue, la somnolence, la dépendance par rapport à tous ces soins, les questions sans réponses : Pourquoi, moi, je suis là ?
Et après, au‐delà de la sortie ?... tout cela vide la tête sinon le coeur, mais le coeur lui‐même est souvent rétréci.

Faut‐il s’en désespérer, croire que nous n’avons plus ni la foi, ni le goût de la prière, ni le goût des autres, ni même le goût de la vie ? Certainement pas !

Faudrait‐il s’acharner à prier, comme doit le faire un bon chrétien ? Certainement pas non plus. La prière va se passer de mots, de durées, elle se passera même de sentiments. Elle balbutiera : Seigneur, je suis là, je suis las, je sais que tu es là, et c’est ma faiblesse que je te présente, plus que jamais. Je n’ai rien à te dire sinon que c’est ainsi que tu me connais et que je me confie en toi.

Saint Bernard aurait dit : Ne méprise pas ta prière, car Dieu ne la méprise pas. Telle est la grandeur de notre pauvre prière.

Heureux cependant serons‐nous si un ami, un parent, un visiteur de l’Aumônerie, vient à côté de nous et dit pour nous les mots simples d’une prière.

Et quand nous égrènerons des Je Vous salue Marie, aussi mal que bien, nous lui demanderons, à Marie, de prier pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort, sachant que si alors nous ne prions plus, elle au moins, mais aussi tant d’autres avec elle, prient et prieront pour nous !

Père Guy Rondepierre

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