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      Pour une bonne réforme de l’église de France

Pour une bonne réforme de l’église de France

Au vu des faits odieux que dénonce le récent « rapport Sauvé », de l’ampleur des abus qu’il pointe, ainsi que du constat qu’il dresse relativement aux nombreuses insuffisances d’une partie de la hiérarchie catholique, on comprend que la CIASE ait encouragé la Conférence des évêques de France à mettre en œuvre des réformes.


L’Église sait d’ailleurs depuis ses débuts qu’elle ne pourra s’acquitter fidèlement de sa mission qu’en étant « semper reformanda », selon l’expression des Pères, autrement dit toujours à réformer.
Mais pour que les réformes soient pertinentes, encore faut-il veiller à prendre en compte la nature singulière de cette institution qu’est l’Eglise. Car elle n’est pas simple œuvre humaine, fruit du talent de bâtisseurs de génie. Elle est, selon la fulgurante formule de saint Paul, l’Épouse du Christ. Et s’il lui faut subir des réformes, le seul apte à y commander est celui qui peut la rendre « sans ride, ni tache, ni rien de tel, mais sainte et immaculée » (Ep 5, 27), le Seigneur Jésus lui-même.
Or, comment s’y prend-il pour réformer celle-ci sans lui nuire ? Saint Bonaventure le compare au sculpteur qui n’ajoute rien, mais procède au contraire par ablation. L’opération consistant à éliminer ce qui est de trop, à ôter ce qui n’est pas authentique. On sait que le génial Michel-Ange concevait ainsi son travail : il voyait dans la pierre l’image-modèle qui y était cachée et prétendait la libérer par le délicat travail du burin. La vraie réforme ne consiste donc pas principalement à mettre sur pied des plans de sauvetage, des organismes qui s’ajoutent à ceux déjà existants, quoique tout cela ait son utilité. Elle est d’abord et avant tout l’œuvre de purification à laquelle se livre Dieu en vue de secouer toutes les scories qui, par la faute des chrétiens, se sont accumulées sur le splendide visage de l’Eglise.
On rejoint ici la parabole dans laquelle le Seigneur compare le Royaume (donc l’Eglise) à une vigne. On y apprend que cette dernière doit, pour ne pas se détériorer mais au contraire porter tout son fruit, être régulièrement « émondée ». Ce terme en dit long : émonder, c’est couper bien sûr, mais aussi, selon l’étymologie latine, sortir du monde. Non pas au sens qu’il faudrait que l’Eglise, pour aller mieux, se retranche du reste de l’humanité : cette démarche sectaire favoriserait les abus qu’on entend éradiquer. La sortie du monde dont il s’agit consiste à se défaire des habitudes mondaines. Et puisque « notre victoire sur le monde, c’est notre foi » (1 Jn 5, 4), c’est d’abord par un accroissement de foi que l’Eglise peut remédier au mal qui ronge ses membres. La foi étant l’adhésion humble et confiante à Dieu qui seul purifie et sauve, ou selon une belle expression du cardinal Ratzinger, « c’est nous tenir sur l’horizon de l’Eternel, c’est nous faire sortir des limites de notre savoir et de notre pouvoir ». Savoir et pouvoir dont étaient précisément gonflés jusqu’à l’excès ceux des clercs qui en vinrent à se croire tout permis.

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