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      Noël, cause de notre joie

Noël, cause de notre joie

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  • Benoît
  • 17 décembre 2021
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Que s’est-il donc passé pour que l’humanité contemporaine, du moins en sa composante occidentale, en arrive à un tel état de mélancolie, à cette « fatigue d’être » qu’évoquent les commentateurs ?


Au XIXème siècle, déjà, Sigmund Freud évoquait trois avancées scientifiques qui, selon lui, avaient infligé de cuisantes humiliations à l’homme moderne, dans la mesure où elles l’avaient fait déchoir de son piédestal. La révolution copernicienne, d’abord, avait dissipé l’illusion d’une place centrale de la planète terre dans l’univers, et donc de l’humanité qui y habitait. L’évolutionnisme darwinien, ensuite, lui avait appris qu’il « descend du singe ». La théorie freudienne de l’inconscient, enfin, imputait une large part de l’agir humain à des ressorts qui échappent à la maîtrise de l’homme.
A ces trois déconvenues s’ajouta plus tard l’échec de l’optimisme typique des Lumières. Ces dernières avaient voulu substituer à l’eschatologie chrétienne l’idée d’un progrès construit de main d’homme, gros de lendemains qui chantent. Mais l’effroyable bilan de systèmes politiques du XXème siècle nourris à cette mamelle, tels que le stalinisme et le III° Reich, discrédita largement la pertinence de ce projet.
Tant et si bien qu’à la veille du XXIème siècle, l’Occidental, naguère si fier, céda à la désillusion. Son existence lui apparaissait désormais vide de sens, et il ne lui restait plus qu’à profiter des maigres consolations d’une société de loisirs destinée à le lui faire oublier. « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! »
Pour tirer de l’ornière l’être humain désabusé, rien de tel que la fête prochaine de Noël. Qu’y célèbre-t-on en effet, qui puisse galvaniser celui-ci ? La venue du Fils éternel dans la condition humaine, dira-ton. C’est parfaitement vrai et déjà beaucoup, certes, puisqu’on y discerne toute la tendresse que Dieu porte à sa créature. Mais il y a mieux encore, plus réjouissant, selon la sentence choc de saint Irénée, reprise par tant de Pères : « Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne Dieu ».
Voilà ce qui finalise l’incarnation, dont nous faisons mémoire à Noël. Non seulement la consolation de se savoir aimé de Dieu, pas même seulement la délivrance du péché, mais bel et bien la divinisation de l’être humain. De quoi dissiper les ténèbres du nihilisme, et a fortiori le simple vague à l’âme qui hante parfois l’âme du chrétien. Le pape saint Léon le Grand, dans une homélie de Noël demeurée fameuse, exhorta en ces termes son auditoire : « Réjouissons-nous ! Il n’est pas permis d’être triste lorsqu’on célèbre l’anniversaire de la vie. (…) Chrétien, prends conscience de ta dignité. Puisque tu participes maintenant à la nature divine. (…) Rappelle-toi à quelle tête tu appartiens, et de quel corps tu es membre ».
Forts d’une telle certitude, nous aurons bien raison de nous adresser les uns aux autres cette formule si vraie : « Joyeux Noël ! »

Père Vincent Baumann

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