Paroisse de Saint-Cloud
https://paroisse-saintcloud.fr/La-voix-du-Bon-Pasteur
      La voix du Bon Pasteur

La voix du Bon Pasteur

Le 4ème dimanche de Pâques est dédié chaque année à la prière pour les vocations religieuses, diaconales et sacerdotales.


On aurait pu s’attendre à ce que la liturgie du jour opte pour l’un des nombreux récits de vocation contenus dans l’évangile. Quoi de plus indiqué, en effet, pour susciter chez les jeunes filles et les jeunes hommes une réflexion sur l’éventualité de leur propre appel à tout quitter pour suivre le Seigneur Jésus à leur tour ? Si l’on recourt volontiers, à l’occasion de ce qu’on pourrait appeler les « campagnes de vocations », au témoignage de personnes qui ont déjà fait le pas et en sont heureuses, c’est bien parce qu’on sait que les exemples concrets, incarnés, auxquels il est possible de s’identifier, valent mieux que tous les discours théoriques.

Or, voici que l’évangile de ce dimanche, comme celui des jours suivants, se focalise sur la figure du Bon Pasteur, donc sur celui qui appelle plutôt que sur celui qui est appelé. Pourquoi ce choix ? Sans doute parce que ceux qui sont appelés à exercer des charges pastorales doivent prendre pour modèle le souverain Pasteur. Mais toutes les vocations consacrées n’impliquent pas de telles charges. Il me semble donc qu’il faut chercher ailleurs le motif de ce coup de projecteur appliqué sur le Christ Bon Pasteur plutôt que sur les brebis qu’il appelle. Qu’on soit appelé à la vie religieuse, au diaconat ou au sacerdoce, l’Eglise entend rappeler que le critère qui doit primer, c’est l’élection par Jésus. Le désir du candidat, qui importe certes, n’est que second. C’est bien ce qu’enseigne le Seigneur lui-même, quand il dit : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis » (Jn 15, 16). Le terme « vocation », qui a pour racine le verbe latin « vocare », traduit en français par « appeler », abonde en ce sens.

Dans ces conditions, la première conduite à adopter pour savoir si l’on « a la vocation », comme on dit parfois, consiste à se tenir à l’écoute du Bon Pasteur, qui « appelle chacune (des brebis) par son nom ». Il est rare que Dieu fasse entendre sa volonté de manière aussi explicite que pour un Saul de Tarse sur le chemin de Damas. D’ordinaire, c’est dans la « brise légère », en un murmure amoureux que le Seigneur signifie son dessein à l’élu. Aussi faut-il que l’intéressé tende l’oreille, qu’il s’habitue à reconnaître la voix de Jésus. Les brebis de l’évangile ne suivent en effet le Bon Pasteur que parce qu’elles connaissent tant soit peu sa voix. La lecture régulière du Nouveau Testament, la prière personnelle, la fréquentation des sacrements sont autant de moyens de se familiariser avec la voix du Bon Pasteur.

Une fois accoutumé à celle-ci, on est alors en mesure de l’entendre quand le Seigneur choisit de parler par des intermédiaires qui « objectivent » l’appel, autrement dit qui l’authentifient : le père spirituel, un maître des novices, l’évêque, ou d’autres encore. Dans les conseils qu’ils prodiguent, les questions qu’ils amènent à se poser, on devient capable d’identifier la voix de Jésus qui manifeste par eux sa volonté. Cette voix, « dans laquelle on ne trouve pas de mensonge », comme l’affirme S. Pierre dans la 2ème lecture de ce dimanche, se distingue alors de plus en plus clairement des multiples sollicitations que ne manquent pas de nous adresser ceux que Jésus qualifie de mercenaires, de bandits et de voleurs : le diable, qui aimerait nous voir emprunter des chemins de traverse, ou bien nos propres calculs, ou encore notre prudence trop humaine, toutes choses qui empêchent de discerner convenablement quelle est notre vocation.

De la brebis errante, du mouton de panurge que nous risquons toujours d’être, le Bon Pasteur fait progressivement une digne brebis, mue de l’intérieur par un appel profond, qui ne viole rien de sa liberté, n’écrase rien de ses désirs, mais les purifie pour permettre un choix ferme qui corresponde au dessein de Dieu sur nous : la vie consacrée ou une vocation qui soit autre. Dans tous les cas, il s’agit d’être docile aux motions du Christ, qui seules nous permettent « d’entrer, de sortir et de trouver un pâturage ».

Père Vincent Baumann

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.




- Diocèse de Nanterre

- Certificat de baptême

- Commission indépendante sur les abus sexuels dans l\'Eglise

- Fondation Ste Geneviève

- Radio Notre-Dame

- KTO

- Eglise de France

- Vatican News


newsletter

Lectures du jour

Saint(s) du jour