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      La révolution est en marche !

La révolution est en marche !

Des soldats du Temple quittent en hâte le tombeau devant lequel ils étaient en faction. Ils accourent auprès des grands-prêtres pour rendre cet incroyable témoignage : un ange descendu du ciel a fait rouler la lourde pierre !


Des soldats du Temple quittent en hâte le tombeau devant lequel ils étaient en faction. Ils accourent auprès des grands-prêtres pour rendre cet incroyable témoignage : un ange descendu du ciel a fait rouler la lourde pierre ! Il faut prendre des mesures afin que pierre qui roule n’amasse pas foule. On soudoie les gardes, donc, afin qu’ils racontent que des disciples du Nazaréen sont venus dérober son corps.
Pauvre décision. Si trente pierres d’argent avaient suffi à capturer le Christ, aucune somme n’allait suffire à empêcher ce qui se tramait. Au lendemain de la prise de la Bastille, le duc de Liancourt, lucide, allait détromper Louis XVI : « Ce n’est pas une révolte, Sire, mais une révolution ». Que n’y eût-il un Liancourt, alors, pour secouer les grands-prêtres de leur naïveté en cette première Pâques chrétienne ! Car on ne pourrait mater comme une simple révolte les prémisses de la grande révolution chrétienne. Pas d’échec au roi, quand il s’agit du Seigneur des univers.
Si c’est bien une révolution qu’enclenche la résurrection du Seigneur, encore faut-il s’entendre sur le sens de ce mot.
On ferait fausse route, évidemment, si l’on entendait ce terme en son acception courante de soulèvement qui se mène, armes à la main, pour renverser un régime. Le Christ lui-même avait ordonné au bouillonnant Simon-Pierre de remettre l’épée à son fourreau. Il s’était gardé d’en appeler aux douze légions d’anges en réserve. Ni pour le Maître, ni pour ses disciples de tous les temps, cette révolution-là ne conviendrait.
C’est à une révolution au sens obvie qu’il faut songer : le mouvement par lequel un astre retourne à sa position initiale. Jésus l’indique à Madeleine dès le matin de Pâques : « Je monte vers mon Père et votre Père ». Sorti victorieux du tombeau, il s’apprête à rejoindre le sein du Père d’où il est sorti, muni cette fois du corps humain qu’il avait assumé en s’incarnant.
On peut aussi entendre d’une autre manière le mot révolution appliqué à ce qu’inaugure la résurrection. En un sens copernicien cette fois. L’astronome s’était, on le sait, inscrit en faux contre la thèse du géocentrisme, qui relevait selon lui d’une illusion d’optique. Car la terre gravitait en fait autour du soleil et non l’inverse. Retournement de point de vue. Ce qui se dit « metanoïa » en grec, et qu’on traduit dans les épitres de saint Paul par le mot « conversion »… La résurrection opère bien une telle « révolution copernicienne ». Le Christ ressuscité dissipe l’illusion terrible selon laquelle la vie terrestre serait le tout de l’existence humaine, à laquelle la mort mettrait un terme définitif. Il est désormais avéré que c’est autour de lui, Jésus, qualifié par les Pères de « Soleil de justice », que l’existence terrestre est en orbite. Et non l’inverse, comme l’avait laissé croire le spectacle déroutant de sa Passion et de sa mort. Au début de la Vigile pascale, le célébrant trace d’ailleurs les lettres Alpha et Omega, pour signifier que Jésus seul est le principe et la fin, ou pour le dire autrement le pivot autour duquel tout est ordonné. « Stat Crux dum volvitur orbis », enseigne la devise des Chartreux : « La croix demeure tandis que le monde tourne ». Cette croix glorieuse dont le Seigneur s’est servi pour replacer l’univers égaré dans le bon axe, le sien.
Vivre du Christ ressuscité, c’est accepter de prendre une part active à la révolution de Pâques. Non pas à la manière des sans-culottes qui, faisant valoir les droits de leur seule cause, en viennent immanquablement à un égocentrisme, pour ne pas dire un nombrilisme, qui légitime tous les excès et garantit leur perte. Révolutionnaires, nous devons l’être en entrant toujours plus dans l’orbite du Soleil invaincu. Ayant ainsi pris Jésus crucifié et ressuscité pour centre de notre existence, nous sommes emportés avec lui, comme les grains de poussière sous les roues du char qui file au triple galop, vers le sein du Père où est la place qu’il nous a préparée. Pas pour demain, mais dès aujourd’hui !
Ainsi emportés dans le triomphe du Ressuscité, et vivifiés par lui, nous pourrons enfin répandre dans le monde le feu dont il a tant besoin. Non pas celui qui brûle et détruit, mais celui qui illumine et réchauffe. On prête cette tirade à Nietzsche : « Je croirais à leur Christ s’ils avaient des têtes de ressuscités ». Chiche ?
P. Vincent Baumann

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