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      Irons-nous voter ?

Irons-nous voter ?

En ce deuxième tour des élections présidentielles, de nombreux catholiques n’en font pas mystère : ils ne comptent pas aller voter. Le motif le plus souvent invoqué à l’appui de ce choix ? Aucun des deux candidats en lice n’incarne ce qu’ils estiment correspondre aux préceptes de l’évangile, ni même à la loi naturelle.


Objectivement, on ne peut que donner raison à ce constat. Cependant, et sans vouloir donner la leçon à quiconque en une matière si délicate, qu’il nous soit permis d’interroger le bien-fondé de s’abstenir dans de telles conditions. En d’autres termes, demandons-nous s’il est opportun d’attendre que se lève un candidat vraiment idoine pour aller voter. Léon Gambetta affirmait que « la politique est l’art du possible ».
Même si nous admettons qu’une telle posture a pu déboucher sur une realpolitik contestable et parfois cynique, il n’en demeure pas moins qu’elle repose sur un principe valable, que le général De Gaulle rappelait en ces termes : « Il n’y a pas de politique qui vaille en-dehors des réalités ». Certes, toute politique digne de ce nom implique la prise en considération de ce qui doit être, autrement dit de l’ordre idéal dont elle doit répondre en raison, se fondant sur les principes d’une saine morale. Sans quoi, elle ne serait qu’un pur et dangereux pragmatisme.
Cependant, la politique ne saurait se cantonner à cette sphère spéculative : elle est aussi un art qui s’applique à ce qui est, c’est-à-dire à des réalités mêlées de bon grain et d’ivraie, qui s’imposent à nous et dont nous devons tirer le meilleur parti – ou le moins mauvais. La doctrine catholique donne sur ce point de précieux éclairages, trop longs pour être rappelés ici (cf. notamment l’encyclique Veritatis splendor, du pape Jean-Paul II, aux nn°74-83). Contentons-nous de citer le pape Paul VI : « Il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand » (encyclique Humanae vitae, n°14). Ce qui, en l’espèce, rend légitime le vote pour celui des deux candidats à la magistrature suprême dont le programme, bien que comportant des éléments répréhensibles, est, pour le dire vite, le « moins mauvais ».
Les fameux « principes non négociables », formalisés par le cardinal Ratzinger voici quelques années, servant d’étalon pour éclairer le choix de l’électeur catholique (cf. la Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, Congrégation pour la Doctrine de la foi, 24.11.2002).
Bien sûr, le vote blanc offre une alternative dont il est loisible d’user. Mais dans la mesure où, dans l’état actuel du droit électoral français, il n’est pas distingué de l’abstention, on peut douter de son efficacité réelle. Quoiqu’il en soit, au regard des enjeux cruciaux qu’implique l’élection actuelle d’un chef d’Etat, souvenons-nous de ces mots, qu’un auteur anonyme du IIème siècle nous adresse par-delà le temps : « Si noble est le poste que Dieu a assigné aux chrétiens (dans la Cité) qu’il ne leur est pas permis de déserter » (Lettre à Diognète).
P. Vincent Baumann

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