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      Homélie - fête du Christ Roi – année C - Christian Carol

Homélie - fête du Christ Roi – année C - Christian Carol


« En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus » ; voilà ce qui est écrit au début du passage d’évangile que nous venons d’entendre. Avouez que c’est curieux. Nous sommes censés finir l’année liturgique en beauté avec la fête du Christ Roi, et nous évoquons le Christ en croix, qui plus est entouré de chefs, de soldats, et d’un malfaiteur, qui se moquent de lui. Tout cela n’est pas très glorieux et peut nous surprendre.

Je vous propose de parcourir cet Evangile sous un angle particulier, celui des tentations, puis nous méditerons le court dialogue entre le Christ et le bon larron.
Chacun de nous se souvient qu’au début de sa vie publique, Jésus, juste après avoir été baptisé, est tenté à trois reprises par Satan. Et là aussi, sur la croix, à la fin de sa vie terrestre, Jésus est à nouveau tenté, à trois reprises. Et on retrouve dans la manière de s’exprimer des chefs juifs, des soldats, et d’un des malfaiteurs la manière de s’exprimer du diable : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ». En d’autres termes, manifeste-toi par un prodige.
Première tentation. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Pour les chefs, si Jésus est roi, il doit se libérer de cette souffrance, de cette agonie. Et non seulement ils tentent Jésus, mais en plus ils se moquent de lui. Peut-être ont-ils été vexés de l’inscription : celui-ci est le roi des juifs.
Deuxième tentation. Les soldats aussi se moquaient de lui : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Troisième tentation. L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Petit progrès par rapport aux chefs si l’on peut dire, ce malfaiteur reconnait le Christ, mais il veut juste être sauvé de la croix.
Les chefs, les soldats, et ce malfaiteur somment Jésus de prouver sa royauté en se sauvant lui-même. Mais si Jésus succombait à cette tentation, il ne pourrait pas nous sauver puisque notre salut passe par l’amour que Jésus a manifesté tout au long de sa vie, et cet amour culmine à la croix, par le don total que Jésus fait de lui-même.
Comme autrefois au désert, le Christ est tenté. Il refuse d’utiliser son pouvoir pour son propre bénéfice. Mais cette fois, il répond à ces tentateurs par son silence.

Qui peut donc comprendre la royauté du Christ ? Quelle personne peut nous aider à réaliser ce qu’est cette royauté ? Cette personne, c’est celle que la Tradition a appelé le bon larron.
Méditons ensemble le dialogue entre le Christ et le bon larron, qui est le passage de la bible qui me touche le plus, et cela depuis mon adolescence.
J’ouvre une parenthèse à ce propos. Bernanos, un écrivain catholique aujourd’hui décédé, considérait qu’il y a dans la bible un verset ou une situation qui nous rejoint personnellement. Pour ma part, c’est ce verset qui résonne le plus en moi. Et vous, un verset résonne-t-il à chaque fois très fort au plus profond de vous-mêmes ? Si tel est le cas, à vous de le reprendre régulièrement pour vous en nourrir, pour vous en fortifier.
Reprenons l’évangile. Le bon larron défend le Christ : « pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. ». Le bon larron reconnait dans le même mouvement sa faute et l’innocence du Christ. C’est un verset à méditer. Il est si difficile de reconnaître ses fautes.
« Souviens-toi de moi. » Quelle demande délicate et pudique, surtout quand on souffre le martyre sur cet instrument de torture qu’était la croix. Le bon larron aurait dû demander au Christ de faire cesser sa souffrance, de le sauver de la croix. C’est certainement ce que j’aurais fait à sa place. Or, cet homme Lui demande juste de se souvenir de lui, de ne pas l’oublier, quand il sera dans le Paradis. Il a dû être ouvert au Saint-Esprit pour comprendre en quoi consistait la royauté du Christ.
« Quand tu viendras dans ton royaume. » Le bon larron emploie le futur car il pense certainement à la fin des temps quand le Christ reviendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts, comme nous le professons dans le Credo.
« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Le Christ accède à la demande du bon larron mais Il lui répond que ce n’est pas à la fin des temps, mais aujourd’hui même qu’il sera en paradis, c’est-à-dire qu’il partagera un peu de Sa gloire, de Sa royauté. Ainsi, à tout homme qui ose implorer la miséricorde de Dieu, la royauté est promise, et dès à présent.

Concluons maintenant
Le Christ déclare à Pilate : « Ma royauté n’est pas de ce monde ».
En préparant cette homélie, j’ai réalisé tout d’un coup la similitude entre le Christ et le bon larron, qui sont tous deux en train de souffrir atrocement. Le bon larron ne pense plus qu’au Christ. Il est totalement tourné vers Lui. Il est décentré de lui-même. Il ne pense qu’à défendre le Christ des attaques de l’autre malfaiteur. Le Christ, Lui, ne reste pas enfermé dans sa souffrance. Il garde son cœur ouvert : Il a dû tourner la tête vers ce larron, le regarder intensément, et lui dire cette parole qui lui ouvre les portes du paradis.
Je crois que la royauté du Christ est là : l’amour plus fort que la souffrance, plus fort que la mort, l’amour manifesté par le pardon, par un cœur totalement ouvert au Saint-Esprit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

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