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Homélie - 3eme dimanche de Pâques - année B - 18 avril 2021 - Christian Carol


Deux hommes rentrent d’Emmaüs. Ils racontent aux onze Apôtres et à leurs compagnons d’abord ce qui s’est passé sur la route, puis comment le Seigneur s’est fait reconnaître à la fraction du pain.

Je voudrais dans un premier temps vous partager ce que m’inspire cette chronologie.
Sur la route, le Christ leur a d’abord enseigné ce qui le concernait dans les écritures. Il leur a expliqué la Parole, il leur a appris à l’interpréter. Et seulement après, il s’est fait reconnaître à la fraction du pain. Comme à la messe, il y a d’abord eu l’écoute de la Parole, puis la fraction du Pain. Les théologiens nous disent que c’est le même pain de vie qui est offert à l’ambon et à l’autel. Et il n’y a qu’une seule table car la table de la Parole, l’ambon, et la table de l’eucharistie, l’autel, n’en font qu’une. Pourquoi utiliser le mot table ? Quand nous sommes à table, c’est pour manger. Justement, Dieu se donne en nourriture, Dieu nous nourrit par sa Parole et Dieu nous nourrit par son eucharistie.

En temps de confinement, certains ont pu déplorer – à juste titre bien sûr – l’impossibilité de participer à l’eucharistie. Bien des prêtres ont alors rappelé que l’eucharistie n’était pas le tout de la vie du chrétien et que ce confinement était l’occasion de méditer plus intensément la Parole pour nourrir notre foi, pour nous guider et fortifier notre vie. Je voudrais vous donner trois exemples. Au moment d’un choix, j‘aime redire : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaitre ta route, dirige-moi par ta vérité ». Quand j’ai besoin de retrouver la paix, je médite : « En Dieu seul mon âme est paisible, de lui vient mon espoir, en Lui seul un appui inébranlable. » Enfin, quand je constate que je n’ai pu réaliser par mes propres moyens une tâche, je souris intérieurement et je me redis cette parole du Christ : « sans moi, vous ne pouvez rien faire. »
Je voudrais maintenant vous livrer une anecdote sur l’importance de la Parole. J’ai récemment découvert qu’au sixième siècle, un évêque, saint Césaire d’Arles, pestait contre les fidèles qui quittaient l’église juste après son homélie. Surprenant n’est-ce pas ! Ils avaient entendu la Parole et cela leur suffisait. A moins qu’ils se sentaient trop indignes de communier. En tous cas, nous, retenons que la messe est un tout cohérent.

Nous venons de voir que l’eucharistie ne doit pas nous faire oublier la Parole. A propos de la Parole, St Jérôme avait cette sentence : « ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ». Justement, que nous dit le Christ aujourd’hui dans l’Ecriture ?
La scène qui est décrite m’a tout d’abord profondément surpris. On s’attend à voir les apôtres et leurs compagnons regonflés par le témoignage des disciples d’Emmaüs. Il n’en est rien. Dès que Jésus leur apparaît, ils sont saisis de frayeur et de crainte car ils croient voir un esprit, c’est-à-dire un fantôme. Le Christ doit alors leur demander de regarder ses mains et ses pieds, puis il leur propose de le toucher, enfin il mange devant eux un poisson.
Que veut dire le Christ par ce passage ? Peut-être qu’au cours de notre vie, nous aurons toujours besoin de nous convertir, d’abandonner nos peurs, qui traduisent un manque de foi, un manque de confiance.
A la décharge des apôtres, depuis qu’il est ressuscité, le Christ a une nouvelle apparence, c’est pourquoi il n’est pas tout de suite reconnu. Certes, son corps a gardé les traces de ses blessures, mais il a changé d’apparence, comme ce sera le cas pour nous après notre mort. Nous aussi nous ressusciterons avec nos blessures, avec tout ce qui nous a constitué, tout ce qui a fait de nous l’être unique que nous sommes. Mais tout sera transformé en nous, bien sûr d’une manière que nous ne pouvons encore percevoir.
Peut-être que par ce passage, le Christ nous dit aussi : « tu vois, les apôtres et les disciples ne m’ont pas reconnu après ma résurrection. Ils ont douté. Ils ont eu peur. Ils ont eu du mal à reconnaître ma présence. Et toi, dans les événements de ta vie, heureux ou douloureux, est-ce que tu reconnais ma présence ? Est-ce que tu me sens à tes côtés ? Tu ne peux me voir, comme les apôtres m’ont vu, mais intérieurement, ne me sens-tu présent en toi par la puissance du Saint-Esprit ?

Concluons.
Jésus termine en disant : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »
C’est là le point central de notre foi, qui est repris à chaque eucharistie sous forme d’anamnèse. « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ! » Cette anamnèse est l’abrégé de la révélation biblique. Car la messe est fondamentalement cela : faire mémoire de Dieu qui aime tant les hommes qu’il leur livre en son Fils et le ressuscite d’entre les morts, montrant ainsi que l’amour aura toujours le dernier mot.
Seigneur, mets en nous le désir de goûter sans cesse ta Parole. Ouvre notre intelligence à la compréhension des Ecritures. Donne-nous la grâce d’en nourrir notre vie. Amen.

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