Paroisse de Saint-Cloud
https://paroisse-saintcloud.fr/Homelie-Dimanche-31eme-semaine-du-Temps-Ordinaire-Christian-Carol
      Homélie - Dimanche 31eme semaine du Temps Ordinaire - Christian (...)

Homélie - Dimanche 31eme semaine du Temps Ordinaire - Christian Carol


Cette lecture du livre de la Sagesse constitue une très bonne introduction à l’évangile du jour. Cela est normal puisque la première lecture est toujours choisie en fonction de l’évangile.
Si ce passage d’évangile nous montre un très bel exemple de conversion, la première lecture, tirée du livre de la sagesse, nous livre en quelque sorte l’état d’esprit de Dieu par rapport à toute personne qui a besoin de se convertir.

Commençons par évoquer le livre de la sagesse
Rappelons tout d’abord qu’il faut se garder d’opposer l’ancien testament, dans lequel on trouverait des paroles dures (« œil pour œil, dent pour dent »), et le nouveau testament, qui ne contiendrait que de magnifiques paroles d’amour (« tu aimeras ton prochain comme toi-même »).
Si je vous dis cela, c’est parce que cette première lecture constitue une magnifique déclaration d’amour de Dieu à l’homme, déclaration que le Saint Esprit a inspiré au rédacteur de ce livre.
« Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent ». Dieu patiente, et patiente encore et toujours, pour nous donner le temps de nous convertir. Il peut attendre jusqu’à la dernière minute pour que nous nous tournions vers Lui. Avec Dieu, il n’est jamais trop tard. Rappelons-nous le bon larron, qui s’est converti quelques minutes ou quelques secondes avant sa mort, et le Christ lui annonce : « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis ». Et d’où vient cette patience ? Dieu nous a créés par amour.
« Tu aimes en effet tout ce qui existe (sous-entendu les bons et les méchants), tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ; si tu avais haï qui que ce soit, tu ne l’aurais pas créé. » Cette phrase nous dit que même le pire des criminels est aimé de Dieu. C’est normal puisque c’est Dieu qui l’a créé, comme il a créé chacun de nous, et Dieu ne revient jamais sur son amour.
« Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur. » Non seulement Dieu patiente, mais il nous avertit, pour que nous changions de vie. A nous d’apprendre à lire les événements, les mouvements intérieurs qui nous traversent, à savoir prendre conseil auprès des bonnes personnes.

Après cette évocation du livre de la sagesse qui nous a montré que Dieu patiente par amour, que Dieu nous avertit, passons à la méditation de l’évangile de Luc.
Commençons par présenter rapidement Zachée. Zachée est le chef des collecteurs d’impôts. Ces hommes avaient mauvaise réputation car ils prélevaient souvent des montants exagérés pour s’enrichir. Zachée n’est vraiment pas quelqu’un d’honnête.
Zachée grimpe sur un sycomore pour voir le Christ car il est de petite taille. On peut donner une interprétation spirituelle et psychologique de cet acte. Zachée veut se faire plus grand qu’il n’est pour rencontrer le Christ, il veut se présenter sur son plus beau jour. Combien de fois imaginons-nous, à tort, devoir nous élever pour rencontrer le Christ ? Alors que Lui, au contraire, s’abaisse pour nous rejoindre. Non, pour rencontrer Jésus, nous n’avons pas besoin de nous élever, mais de descendre et encore descendre. C’est la voie de l’humilité. Il faut descendre en soi aussi.
Jésus lui dit : « Zachée, descends vite, aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Ce verset m’a toujours surpris. En effet, nous avons tous en nous des archétypes comme celui-ci : Dieu est là, dans le ciel, impassible. Et Luc, dans ce verset, nous indique que le Christ est pressé : « descends vite ». C’est que, quand on aime, on est pressé ; l’amour a toujours hâte. En préparant cette homélie, je me suis souvenu que quand j’allais chercher un de mes fils à la gare ou à l’aéroport, j’étais toujours pressé, pressé de le retrouver.
Je me livre parfois à ce petit exercice spirituel. Je me redis ce verset en remplaçant Zachée par mon prénom : « Christian, descends vite, aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Je vous engage à faire de même, en réalisant que cette « maison », c’est la part la plus intime de nous-même. Le Christ nous attend au plus profond de nous.
A la hâte de Zachée, qui « courut en avant », répond la hâte du Christ. Jésus a hâte de rencontrer Zachée, et nous, avons-nous hâte de Le rencontrer ?
Zachée pensait chercher Jésus, alors que c’était Jésus qui cherchait Zachée. Et de même pour nous, combien de fois pensons-nous chercher Dieu, alors que c’est Dieu, qui, le premier, nous cherche, depuis si longtemps. Rappelons-nous que c’est Lui qui a toujours l’initiative.
Jésus s’invite à demeurer chez un pécheur et en donne la raison : « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Nous avons tous en mémoire cette phrase du Christ : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » Voilà le problème : ceux qui se croient justes se suffisent à eux-mêmes. Ils estiment n’avoir pas besoin d’être sauvés et n’ouvrent donc pas la porte de leur cœur au Christ. En fait, ils n’osent pas confesser leur péché parce qu’ils ignorent la miséricorde divine. Ils sont tellement loin de la parole de Saint Paul : « c’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. »

Concluons
Le père André Louf, un moine trappiste, écrivait : « Le salut, c’est être sauvé par Jésus, et être sauvé du plus profond de notre détresse. Sans détresse, il n’y a pas de salut, il n’y aurait jamais cette faille dans l’homme par où l’amour puisse entrer ». Je crois qu’il y a une vérité profonde dans cette phrase. Nos faiblesses, nos failles, voire notre détresse comme l’écrivait ce moine, sont nos portes d’entrée. Nous avons tous tendance à vouloir nous suffire à nous-mêmes, à être notre propre maître. Nous voulons décider de tout. Et vient un jour où notre cœur, comme une digue qui cède devant un afflux d’eau, laisse tomber ses fausses sécurités et s’ouvre enfin à la rencontre avec le Christ. Que Dieu donne à chacun de nous la grâce de Le rencontrer, comme il l’a fait pour Zachée !

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Logo Faire un don

Dans l'Eglise

Eglise catholique des Hauts-de-Seine

Radio Notre-Dame

KTO

Eglise de France

Logo Horaires

newsletter

Bonnenouvelle.fr

Saint(s) du jour

Lectures du jour