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Homélie - Dimanche 28eme semaine du Temps Ordinaire - Christian Carol


Au temps de Jésus, la lèpre était une maladie dramatique. Les lépreux étaient considérés comme impurs et, du fait de la contagion, ils devaient vivre hors des villages, à distance des habitants. La lèpre était donc une maladie physique, mais aussi sociale.
A la première lecture, ce passage de l’évangile semble contenir un simple message de guérison ; pourtant, quand on l’étudie, il recèle au moins trois messages très importants. A chacun de nous de retenir ce qui le touche, ce qui résonne en lui.

Quels sont ces messages ?

Le Christ a toujours l’initiative de la rencontre
De prime abord, on pourrait dire que ces 10 lépreux ont eu l’initiative de la rencontre puisqu’il est écrit qu’ils vinrent à la rencontre du Christ. Pourtant, si ces hommes ont pu le rencontrer, c’est bien parce que le Christ est allé en terre étrangère, entre la Samarie et la Galilée, alors même que les juifs avaient un profond mépris à l’égard des samaritains. Le Christ est allé aux périphéries, comme dirait le pape François. Le Christ va ainsi toujours à notre rencontre, il nous rejoint là où nous sommes, dans ce qui constitue notre vie quotidienne. C’est lui qui a toujours l’initiative. Et à notre tour, à nous de rejoindre l’autre, notre prochain, sur son propre territoire, même si cela nous oblige à sortir de nos habitudes, de nos certitudes.

Après ce premier message « le Christ a toujours l’initiative », « la puissance du nom de Jésus »
Les dix lépreux s’arrêtent à distance et lui crient : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » On retrouve plusieurs fois ce type d’interpellation dans les évangiles. Vous vous souvenez de l’aveugle né criant : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ». Cette forme de prière est chère à nos frères orthodoxes. On répète inlassablement la formule : « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pêcheur » en la rythmant éventuellement à sa respiration. La Tradition chrétienne a très vite accordé une grande importance au nom même de Jésus. Origène écrit ainsi au IIIe siècle : « le nom de Jésus apaise les âmes troublées, combat les démons, guérit les maladies ». Pour ma part, quand le chant « Jésus » est entonné pendant l’offertoire, je sens toujours que quelque chose résonne au plus profond de moi. Et en préparant cette homélie, je me suis dit : Christian, si tu réagis ainsi, c’est tout simplement parce que le nom du Jésus est prononcé.

Après ces deux premiers messages – « le Christ a toujours l’initiative », « le nom de Jésus est puissant », passons au dernier – « la guérison et le salut »
Avant tout, il faut préciser que la phrase du Christ « Allez vous montrer aux prêtres. » fait référence à une loi que l’on trouvait dans le Lévitique : tout lépreux purifié devait voir un prêtre qui constatait la guérison et offrait un sacrifice. L’homme était alors réintégré dans la communauté. Telle était la loi.
Remarquons que les 10 lépreux sont des hommes remplis de confiance puisqu’ils obéissent au Christ et partent se montrer aux prêtres alors qu’ils ne sont pas encore guéris.
En cours de route, les dix lépreux sont purifiés, et l’un d’eux, un samaritain, voyant qu’il est guéri, revient sur ses pas au lieu d’obéir au Christ, il se jette à ses pieds et lui rend grâce. Jésus aurait dû lui dire : tu ne m’as pas obéi ; je t’avais pourtant demandé d’aller voir les prêtres, comme l’enseigne la loi. Et au contraire, le Christ est déçu que les neuf autres soient allés voir les prêtres au lieu de revenir : « et les 9 autres, où sont-ils ? ».
Pourquoi cette attitude du Christ ?
Peut-être parce qu’un miracle n’est pas une fin en soi. Et la guérison de la lèpre est un miracle.
Le Christ attendait quelque chose en retour de la guérison. Les 9 autres lépreux ne l’ont pas compris. Du coup, leur guérison n’est que physique. Elle n’a débouché sur rien. D’ailleurs, le Christ ne leur dit pas qu’ils sont sauvés.
Le samaritain, lui, est revenu rendre grâces. Et le Christ lui dit qu’il est sauvé. Vous avez noté. Jésus ne dit pas : « je t’ai sauvé » mais bien : « ta foi t’a sauvé ».
Ne faut-il pas déduire de ce récit que le Seigneur attend de nous non pas une obéissance aveugle aux prescriptions de la loi, non pas une vague confiance, mais bien la foi, cette foi qui se traduit par un fort désir d’entrer en relation avec Lui.

Concluons
Le père André Louf, un ancien abbé d’un monastère trappiste, écrivait ce bref dialogue : Tout homme, à la suite de la vierge Marie, peut dire : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Et Dieu de répliquer : « Qu’il te soit fait selon ta foi ».
Seigneur, apprends-nous à rendre grâces, à te louer pour tout ce que nous vivons, apprends-nous à vivre une vraie relation avec Toi. Amen.

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