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Homélie - 7eme dimanche de Pâques - année B - 16 mai 2021 - Christian Carol


En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi.
Jésus prie. Cette prière, dans laquelle il n’est pas facile de s’immerger, se situe à la fin de l’évangile de Jean, après les derniers discours (qualifiés de discours d’adieu) et juste avant le récit de la Passion. Le moment est donc assez solennel. Cette prière, adressée au Père, est centrée sur les disciples, c’est à dire sur nous, disciples du Christ. Que souhaite le Christ pour nous ? L’unité, la joie, une certaine présence au monde et la sanctification. Je ne parlerai que de la joie.

Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Le Christ souhaite que nous, ses disciples, ayons la joie, et même que nous l’ayons en abondance. Pourtant, la Passion arrive. Parler de joie juste avant la Passion, avouez que cela surprend. Mais la joie dont parle le Christ est une joie particulière.
Avant de méditer ce qu’est la joie dont parle le Christ, je voudrais commencer par différencier joie et plaisir. Si vous me demandiez quel est le repas qui m’a procuré le plus de plaisir, même si la joie n’y était pas absente, je vous parlerais de ce dîner offert par nos enfants dans un excellent restaurant parisien. Si vous me demandiez maintenant quel sont les repas qui m’ont procuré le plus de joie, je vous parlerais de ces repas partagés chaque semaine avec les quatre SDF et des paroissiens à l’occasion d’Hiver solidaire. Je vous parlerais aussi de ce déjeuner tout simple récemment partagé sur un banc public avec deux d’entre eux, Alain et Boris, dans un square de Boulogne.

Cette expérience nous amène à la première constatation. La joie est dans la relation. La joie du chrétien n’est pas liée au bien-être. Le plaisir est lié au bien-être, la joie non. La joie est profonde, elle touche au plus profond de l’être, et se vit dans la relation car nous sommes fondamentalement des êtres de relation : relation avec Dieu, relation avec nos frères. Si la joie peut être vécue à travers une expérience de fraternité vécue en toute simplicité, elle peut aussi être causée par la contemplation de la Création car au travers de la Création, j’entre en relation avec Dieu, notre Créateur. Enfin, la joie peut également être vécue dans les actes de la vie quotidienne.

La joie est un critère de discernement. Je me souviens d’un après-midi qui m’a marqué à jamais. C’était il y a une petite dizaine d’années. On m’avait demandé d’être présent au cimetière, à la Toussaint. Mon rôle, comme le temps était pluvieux, consistait simplement à tenir un parapluie pour protéger le père Hénaff et son livre des bénédictions pendant que celui-ci allait de tombe en tombe prier pour les défunts. Ma contribution était minime. J’étais là, à ses côtés, silencieux. Je me contentais de regarder chaque personne avec le plus de tendresse, de délicatesse possible, en essayant d’être transparent pour laisser le Christ passer à travers moi. J’ai ressenti une joie et une paix profondes cet après-midi là et je me suis rarement autant senti à ma place qu’en ces instants. Je me suis alors dit que si je devenais diacre un jour, j’aimerais pouvoir être disponible à ceux qui sont dans la peine, comme j’essayais de l’être cet après-midi là. A l’opposé, quand on ne ressent pas de la joie dans un engagement, c’est peut-être le signe que l’on n’est pas ou plus à sa place et qu’un changement est à envisager.

Si la joie constitue un critère de discernement, la joie permet de prendre de meilleures décisions et de lutter contre l’ennemi. Saint François d’Assise affirmait : « contre les ruses de l’ennemi, ma meilleure défense, c’est l’esprit de joie ». On retrouve cet argument chez les Pères du désert qui signalent qu’un frère triste est un frère en danger. Une personne qui a en effet le cœur lourd de tristesse sera plus fragile, plus sensible à la tentation, à la recherche de faux plaisirs, elle se laissera plus aisément toucher par le désespoir ; elle aura du mal à se décentrer d’elle, à sortir de son moi. Une personne au cœur dilaté par la joie, dans la mesure où elle vit déjà une certaine plénitude, sera plus forte dans l’adversité. Elle verra davantage les choses telles qu’elles sont, sans catastrophisme.

La joie n’est pas réservée aux bons moments, elle peut aussi être vécue dans les situations difficiles. Dès que j’ai commencé à écrire cette homélie, un souvenir m’est revenu à l’esprit. Je me souviens, il y a bien longtemps, au sortir d’une messe à Foix, en Ariège, je vois ma grand-mère saluer une femme qui rayonnait. J’ai appris que cette femme avait connu de grandes souffrances. Pourtant, elle rayonnait, c’est-à-dire qu’elle témoignait d’une joie profonde, et je dirai même d’une joie surhumaine vu les épreuves par lesquelles elle était passée. Cette joie était une joie divine, une joie qui ne peut venir que du Christ. C’est de cette joie dont parle le Christ dans ce passage d’évangile, c’est de cette joie dont il souhaite que nous vivions chaque jour de notre vie.

La joie ne se vit pas que dans les moments de facilité. Tout en disant cela, je suis conscient que les souffrances peuvent écraser et je voudrais ne blesser personne. Il faut parfois bien du temps pour se relever, pour tourner la page après une épreuve, après des difficultés. Pourtant, je crois qu’il est important de dire que la joie est possible en toutes circonstances, même si la vie est parfois très dure. La joie que procure le Christ peut être vécue même au cœur de l’épreuve – ce que j’ai moi-même expérimenté. Mais je le redis, il faut du temps. Et surtout, il faut la grâce. Car la joie est un cadeau divin. Ce dont on se rend compte quand on vit des situations difficiles.

Concluons
François d’Assise nous dit que la joie, c’est de tout vivre en Jésus-Christ, lui qui a connu la souffrance, la solitude, l’abandon. Le Christ comprend tout. Le Christ nous rejoint en tout. C’est cette union avec Lui qui est la source d’une joie que nous pouvons ressentir quelles que soient les circonstances. Il nous l’a dit : « venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. »

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