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Homélie - 6ème dimanche TO - année B - 14 février 2021 - Christian Carol


Il était une fois un homme désespéré. Il est important de prendre du temps pour comprendre dans quel état est cet homme. Cet homme est atteint de la lèpre, une maladie qui sévit encore de nos jours. La lèpre provient d’une bactérie qui s’attaque d’abord à la peau puis aux nerfs et finit par provoquer des paralysies et mutilations des membres. Elle peut aussi rendre aveugle.

Si la lèpre défigure, comme elle est contagieuse, elle isole aussi. On sait maintenant que la période d’incubation de cette maladie est de 5 ans en moyenne. On peut donc être porteur de cette maladie et la transmettre sans en avoir les signes pendant des années. Le lépreux était donc considéré comme une personne très dangereuse.

Pour finir, la lèpre n’est pas seulement une maladie qui ronge et isole, c’est aussi une maladie religieuse qui porte la marque du péché et correspond à un châtiment divin. C’est ce que l’on pensait à l’époque. C‘est parce que la lèpre était considérée comme une maladie religieuse que dès qu’une personne pensait en être atteinte, elle devait se présenter aux prêtres, comme l’énonce la première lecture. A l’opposé, quand un lépreux pensait être guéri, il allait voir les prêtres qui constataient la guérison et lui donnaient le droit de réintégrer la communauté. C’est ce que l’on retrouve dans l’évangile.

J’ai parlé de cette maladie. Attachons-nous maintenant à cet homme qui touche le cœur du Christ.

Un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux.
Que fait cet homme ? Il s’avance près du Christ, il ne reste pas à distance, il ose s’approcher. Il a donc confiance au fond de lui. Le Christ ne va pas le rejeter. Cet homme supplie le Christ. Le terme est fort. Il ne demande pas, il supplie. Enfin, il tombe à genoux. Non pas il se met à genoux, comme certaines personnes le font par exemple au moment de la consécration, mais il tombe à genoux. Ce geste traduit à la fois un abandon total devant le Christ et comme une lassitude extrême, comme si la personne n’en peut plus de cette vie.

Et moi, ai-je déjà eu à présenter à Dieu une lèpre, c’est-à-dire une infirmité, une addiction, une faiblesse récurrente ? Quelque chose qui me ronge ? Sachant que la pire des choses serait de garder pour moi cette faiblesse et de pas la présenter au Christ ? Le lépreux, lui, a bravé un interdit, il s’est approché du Christ malgré sa maladie. A nous de faire de même.

Jusque-là, dans ce récit d’évangile, tout semble logique, normal en quelque sorte. Pourtant, la prière de cet homme va toucher Jésus car il va prononcer une parole extraordinaire. Même si cet homme ne rêve que d’une chose – être guéri, il ne dit pas : « Seigneur, guéris moi » ou « Seigneur, purifie moi ». Ce que nous ferions peut-être à sa place. Il dit : « si tu le veux, tu peux me purifier », c’est-à-dire qu’entre la guérison et la volonté du Christ, il choisit la volonté du Christ. C’est comme s’il disait : si tu veux me guérir, guéris-moi. Sinon, que ta volonté soit faite, que je reste un lépreux tout le long des jours qu’il me reste à vivre.

La prière bouleversante de ce lépreux nous interroge sur notre propre prière. Face à la souffrance, la nôtre ou celle d’une autre personne, face à la tentation, face au désespoir peut-être, savons-nous laisser de la place à Dieu dans notre prière, pour que notre désir ne prenne pas toute la place, même s’il est par exemple bien légitime de prier pour une guérison.
Au fond, ce « Si tu le veux » revient à dire : « que ta volonté soit faite ». Ce « si tu le veux » du lépreux est vertigineux. Il y a là un mystère, c’est-à-dire quelque chose que l’on n’aura jamais fini de contempler, de comprendre.
Cette prière, « que ta volonté soit faite », est tellement importante que le Christ l’a placée dans le Notre Père, prière que nous disons peut-être un peu trop facilement, car tout être humain est attaché à sa volonté, et c’est un très dur combat que d’arriver à dire en vérité : « non pas ma volonté, mais ta volonté ».
« Non pas ma volonté, mais ta volonté ». C’est ce que dit ce lépreux, comme le Christ à Gethsémani quand il se sent abandonné de tous. Ce n’est pas un hasard si on retrouve cette phrase dans des circonstances aussi dramatiques.
« Non pas ma volonté, mais ta volonté » ne doit pas être compris comme « ma volonté contre la volonté divine », car Dieu n’est pas notre ennemi. Il n’y a pas conflit entre ma volonté et sa volonté. Il s’agit plutôt de placer ma volonté dans sa volonté. « Seigneur, ma volonté dans ta volonté. » Car je sais, Seigneur Jésus, que tu es le maître de ma vie, que tu me promets une vie meilleure, plus en plénitude

Concluons.
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. ». Si le lépreux a pris des risques en s’approchant du Christ, le Christ en a pris encore plus en touchant cet homme car il aurait pu attraper cette maladie et devoir vivre à l’écart de la communauté humaine. En Jésus-Christ, Dieu a aboli toute distance entre lui et nous. Le Christ est toujours là, tout proche de nous. Aucune de nos lèpres ou de nos infirmités ne lui fait peur. Il suffit de s’approcher de Lui et de tout Lui présenter. Tout ce qui constitue nos vies. Et le Christ nous guérira, d’une manière ou d’une autre.

A l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.

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