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      Homélie - 4ème dimanche de l’Avent - année B - 20 décembre 2020 - Christian (...)

Homélie - 4ème dimanche de l’Avent - année B - 20 décembre 2020 - Christian Carol


Introduction
Que faisait Marie lorsqu’elle l’ange lui apparut ? L’évangile n’en dit rien. Peut-être était-elle en train de préparer son mariage ou bien d’accomplir une activité quotidienne. On ne le saura jamais, mais peu importe. Ce qui est important, c’est le dialogue entre cet ange, cette créature qui vient donc du ciel, et cette jeune fille, Marie, qui mène une vie toute simple. Marie qui ne vit pas dans un palais, qui n’habite pas Jérusalem.

Méditons quelques versets de cet évangile.
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge ; et le nom de la jeune fille était Marie.
Dans le Nouveau Testament, l’ange Gabriel apparait deux fois, à chaque fois pour une bonne nouvelle : à Zacharie, il annonce la future naissance de Jean-Baptiste, et à Marie il annonce un fils conçu de l’Esprit-Saint. Cette fois-ci, l’annonce est tellement importante que Dieu ne parle pas par un prophète, ni même par un ange, mais par un archange, Gabriel, qui est son messager.

À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
La Vierge Marie ne s’attendait absolument pas à ce que le Seigneur, par la voix de l’ange, intervienne ainsi dans sa vie. On comprend sa réaction. Ce n’est pas parce que la vierge est née sans péché qu’elle savait tout à l’avance. Non, l’apparition de l’ange est pour elle une énorme surprise. Imaginez qu’un ange vous apparaisse un beau matin. Avouez qu’il y aurait de quoi être surpris. Et bien la sainte Vierge est elle-même surprise.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu »
« Sois sans crainte ». Il s’agit d’une parole rassurante qui est habituelle dans les apparitions de Dieu et des anges (Gen 15,1, Gen 26, 24…). Cette parole ne marque donc pas la crainte de Marie mais la délicatesse de Dieu à travers l’ange. Dieu dit à la Sainte Vierge : « tu n’as rien à craindre ».

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? »
La sainte Vierge (se) pose des questions, oui même elle. Mais attention, elle ne se pose pas des questions sur le pourquoi mais sur le comment. Elle ne dit pas à l’ange : pourquoi moi, pourquoi m’avoir choisie ? Dire cela, au fond, ce serait déjà refuser la proposition divine. En revanche, poser une question sur le « comment » revient à se demander : Seigneur, qu’est-ce que je peux faire pour accomplir ta volonté ?

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Il est écrit : alors, l’ange la quitta. Je n’ai pas remarqué tout de suite la présence de l’adverbe « alors ». Celui-ci signifie : en conséquence. Marie donne son accord et l’ange peut partir. L’ange Gabriel était venu pour cela : faire cette annonce extraordinaire et recueillir l’accord de Marie. Marie qui a su changer ses projets.
En ces temps de pandémie où notre vie est fréquemment bouleversée, où nous devons changer nos habitudes, où nos projets sont remis en question, presque du jour au lendemain, nous pouvons prendre exemple sur la façon dont Marie a su elle-même changer ses projets en quelques instants pour dire oui à l’action de l’Esprit Saint en elle. Quand nous sommes confrontés à des situations qui nous surprennent ou nous dérangent, nous pouvons invoquer Marie, Marie qui a tellement vécu de surprises parfois douloureuses, de déracinements ; pensons à certains passages des évangiles, celui d’aujourd’hui, mais aussi la nativité (naissance de Jésus dans une étable), la fuite en Egypte (Marie doit fuir son pays), la présentation de Jésus au temple (Syméon dit à Marie « toi-même, une épée te transpercera l’âme ! », le pèlerinage à Jérusalem (Jésus quitte ses parents sans les prévenir), et la passion puis la crucifixion bien sûr.

« Que tout m’advienne selon ta parole ». Cette parole de la Sainte Vierge m’a fait tout de suite fait penser à cette parole du Christ à Gethsémani : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » Le mot clé est là : faire la volonté de Dieu, ce qui n’est jamais facile tant nous sommes accrochés à nos propres projets. C’est pourquoi je pense qu’il est important de voir ce que ce temps de pandémie nous offre. Certes, certains d’entre nous vivent des épreuves, des difficultés professionnelles, mais tous nous pouvons saisir cette opportunité pour apprendre à lâcher un peu, à nous abandonner à la Providence.

Concluons
Je voudrais conclure en vous racontant un épisode de la vie d’un homme qui a su dire oui au Seigneur, qui a su changer ses plans, ses projets pour accueillir la volonté de Dieu. Cet homme a cependant mis bien plus de temps que la Sainte Vierge pour dire Oui.
Nous sommes au 4ème siècle, à Milan. L’évêque est mort et le peuple se rassemble pour choisir le futur évêque, mais une violente dispute s’élève entre deux clans sur le choix du candidat. Ambroise, le gouverneur de la province, arrive pour apaiser les esprits, quand tout à coup se fit entendre une voix, a priori celle d’un enfant qui s’écrie : « Ambroise évêque. » Alors, à l’unanimité, tout le monde se met d’accord et acclame évêque Ambroise. Ambroise veut détourner l’assemblée du choix qu’elle a fait. Il sort de l’église, se rend au tribunal et, contre son habitude, il prononce des sentences extrêmement lourdes contre ceux qui étaient accusés. En le voyant agir ainsi, le peuple ne change pas d’avis. Ambroise est bouleversé et rentre chez lui. Il déclare alors qu’il veut exercer le métier de philosophe mais on ne le laisse pas faire. Il fait entrer chez lui au vu de tous des femmes de mauvaise vie, afin qu’en les voyant le peuple revienne sur sa décision. Mais comme le peuple ne se décourage toujours pas, il prend la fuite au milieu de la nuit. Et au moment où il se croyait tranquille, il est rejoint le matin et accepte enfin la volonté de Dieu sur lui. Il accepte donc de devenir évêque. Mais comme il n’était que catéchumène au moment de son élection par le peuple, il fut rapidement baptisé, ordonné prêtre puis évêque. Il fut plus tard canonisé (fête le 7 décembre) et nommé docteur de l’Eglise.
Seigneur, accorde nous la grâce de te dire toujours OUI, que ce soit immédiatement, comme la Sainte Vierge, ou après bien des refus, comme saint Ambroise. Comme nous le prions à chaque fois que nous disons le Notre Père : que ta volonté soit faite.

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