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Homélie - 4ème dimanche Carême - année B - 13 mars 2021 - Christian Carol


J’avais lu l’an dernier un livre écrit par deux jésuites sur l’art de l’homélie. Ces deux hommes écrivaient que toute homélie doit évoquer le salut, le Christ qui nous sauve. Justement, l’Evangile du jour ne parle que de cela.

Commençons par le serpent de bronze. En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,

On peut se demander pourquoi le Christ se compare à un serpent de bronze. Il faut revenir quelques siècles en arrière. Dans le livre des Nombres, il est écrit que le peuple a négligé Dieu et la punition a été terrible : « Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. » Puis Moïse a prié et Dieu l’a exaucé. Le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! ».

Nous comprenons maintenant l’analogie entre le serpent et la croix. Si le serpent était au départ un symbole de mort, il est devenu le symbole de la vie. Le même animal qui tue les Hébreux en les mordant est celui qui leur donne la vie lorsque ceux-ci lèvent la tête pour le regarder. Le même instrument, la croix, qui est un instrument de torture, le symbole d’une mort dans la déchéance, est devenue le signe des chrétiens, le signe que la vie est plus forte que la mort. Comme le serpent de bronze, la croix a donc une double signification.

Mais il y a un autre point qui rapproche le serpent et la croix. Ces serpents qui mordent, d’après les premiers chrétiens, symbolisent nos péchés et le serpent qui est élevé est le Christ en croix. Le Christ qui nous guérit de nos péchés, qui nous sauve de la mort.

Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Nous n’avons plus à avoir peur puisque le Christ n’est pas un juge, il est un sauveur, comme il l’annonce lui-même dans ce verset. On peut tout lui confier pour qu’Il nous en libère. Rappelons-nous la rencontre du Christ et de la Samaritaine à midi, quand il n’y a plus d’ombre, quand tout est mis en lumière. Tout est révélé de cette femme. Pourtant, elle est repartie libérée après sa rencontre avec le Christ. A nous aussi de demander la grâce, en ce temps de Carême, de ne pas avoir peur d’une rencontre avec le Christ, d’une rencontre où nous ne laissons rien dans l’ombre, où nous lui présentons tout de notre vie.

Mais les choses sont-elles si simples ? Même si nous savons que le Christ est le Sauveur, au moins intellectuellement, en sommes-nous convaincus au plus profond de notre être ? Sinon, comment justifier cet appel pressant de saint Paul : « Par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Vous noterez qu’il n’est pas écrit : “Réconciliez-vous avec Dieu”. Non, Paul utilise la forme passive : laissez-vous réconcilier car, dans cette réconciliation, c’est Dieu qui agit. Ce n’est pas moi qui décide de me réconcilier avec Dieu. Cette réconciliation est grâce. Par nous-mêmes, nous ne sommes pas capables d’enlever cette peur qui obstrue notre cœur, qui l’empêche de se livrer. Mais Jésus, qui sait ce qu’il y a au plus profond de nous-mêmes, peut nous guérir. Cette ouverture du cœur à demander pourrait être une bonne résolution de carême.

Oui, celui qui fait le bien n’a pas à avoir peur, et même s’il pèche parfois, il offre sa faiblesse et se laisse réconcilier. Et celui qui fait le mal ?

Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient
dénoncées.
Celui qui fait le mal préfère rester dans l’ombre. Il a honte et il se cache, comme Adam et Eve dans le jardin. Il ne veut pas se présenter à Dieu avec ses faiblesses, ses péchés. Il ne veut pas se laisser réconcilier. Il est figé dans une attitude stérile. Pourtant, le Christ est venu pour cela, nous sauver.
De cette situation, les premiers chrétiens ont tiré deux enseignements. Premier enseignement : si on se demande si une décision que l’on veut prendre est morale, posons-nous cette question : Suis-je prêt à en parler librement autour de moi ? Si la réponse est négative, c’est qu’au fond de moi, je sais bien que cette décision n’est pas bonne. Deuxième enseignement. Quand je suis taraudé par une faute que j’ai commise, plutôt que de tout garder pour moi, il vaut mieux m’en ouvrir à mon accompagnateur spirituel. Et demander à recevoir le sacrement de réconciliation.
A ce stade, il est peut-être nécessaire d’évoquer la distinction entre le remord et le repentir.
Celui qui a des remords, en fin de compte, ne cesse de se regarder lui-même. Il est refermé sur lui, enfermé sur lui. Le remord nous emprisonne, nous sommes repliés sur notre faute. Nous pouvons aussi être piégés par un sentiment récurrent de culpabilité si notre personnalité est celle d’une personne très scrupuleuse. Ce sentiment va accroitre notre remord.

A l’opposé, le vrai repentir nous ouvre à Dieu. Nous reconnaissons notre faute, notre faiblesse et nous les offrons. Une fois ce poids déposé aux pieds du Christ, nous n’y pensons plus. La personne qui se repent croit au plus profond d’elle-même à un Dieu plein de miséricorde, un Dieu qui ne renonce jamais à l’aimer.

Concluons.
Dans son livre Sagesse d’un pauvre, le frère Eloi Leclerc fait dire à Saint François d’Assise : « Il ne faut pas se préoccuper autant de la pureté de son âme. Tourner son regard vers Dieu. Se réjouir de ce qu’il est, lui, toute sainteté. C’est cela, avoir le cœur pur. Et quand on est ainsi tourné vers Dieu, ne faire surtout aucun retour sur soi-même. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever son regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. »

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