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Homélie - 2ème dimanche TO - année B - 17 janvier 2021 - Christian Carol


La première lecture nous montre la disponibilité de Samuel à l’appel de Dieu.

Tu m’as appelé, me voici. Nos actions, nos engagements devraient toujours être la réponse à un appel. Dieu m’appelle et je lui réponds. Dans le même registre, si nous avons la foi, c’est que Dieu nous a tout d’abord appelés. Toute foi vient en réponse à un don de Dieu. Dieu a toujours l’initiative. En avons-nous toujours conscience ?

Tu m’as appelé, me voici. Ces paroles continuent de se répéter de nos jours. Deux exemples me viennent à l’esprit. Lors de l’appel décisif, célébration qui précède le baptême des adultes, l’évêque appelle chaque futur baptisé, un par un, et chacun répond à son tour « me voici » en se levant. Autre exemple, le jour de mon ordination diaconale, au tout début de la célébration, l’évêque a appelé par son prénom chacun des 4 appelés que nous étions et chacun de nous a répondu à son tour « me voici » en se levant. 2 600 ans après, les mêmes mots et les mêmes gestes demeurent. C’est dire leur importance.

Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Il y a des paroles de la bible que nous devrions connaitre par cœur. Comme celle-ci. Pour ma part, je me redis souvent cette parole, notamment au début de mes temps de prière, pour que j’apprenne à me taire et à laisser l’Esprit-Saint me guider.

« Parle, ton serviteur écoute. » Cette parole renvoie à la réponse de la Vierge Marie à l’ange Gabriel, réponse que nous avons entendu il y a peu de temps : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Samuel et la Sainte Vierge se qualifient de serviteurs, les deux laissent retentir en eux la parole divine. Ils lui sont disponibles. Tout est là !

Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet. Samuel écoutant la parole de Dieu, il peut grandir, pas grandir physiquement, ce serait là une évidence, mais grandir en sagesse. Comme il écoute la parole de Dieu, ce qui lui permet de donner une orientation à sa vie, Samuel deviendra un grand prophète qui fera de grandes choses. Quand on écoute vraiment la Parole, on peut accomplir des choses remarquables.
Dieu nous parle par tous nos sens. Dans la première lecture, il était beaucoup question d’écoute, dans l’évangile, il est toujours question de disponibilité, mais sous l’angle de la vue, du regard.

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Nous sommes à un moment charnière de la mission de Jean-Baptiste. Jean avait des disciples autour de lui, des disciples qui le suivaient, qui l’accompagnaient. Et que se passe-t-il ? Jean-Baptiste leur indique le Christ « Voici l’Agneau de Dieu » et les laisse partir. Sa mission est en train de s’achever. Il doit maintenant préparer ses disciples à le quitter et à suivre le Christ.

Voici l’Agneau de Dieu. Quelle manière singulière d’appeler Jésus ! Il aurait pu dire « voici Jésus ». Jean-Baptiste, au baptême de Jésus, avait déjà employé cette même expression : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde ». Nous retrouvons cette même phrase à la messe, juste avant la communion. Encore une phrase qui aura parcouru deux mille ans. Et qui retentira encore, comme ce verset de Samuel, jusqu’à la fin des temps.

Voici l’Agneau de Dieu. Jean-Baptiste sait que le Christ est l’envoyé de Dieu, l’Agneau de Dieu qui va donner sa vie pour nous libérer de l’esclavage du péché, une fois pour toutes. Avec cette expression, nous passons ainsi de l’Ancien Testament, de l’agneau pascal que les juifs immolaient, au nouveau testament, à l’Agneau de Dieu qui va donner sa vie pour nous.

Les deux disciples entendirent cette parole et suivirent Jésus. Ce titre d’Agneau de Dieu devait être particulièrement évocateur dans la communauté de Jean-Baptiste puisqu’il provoque la curiosité des deux disciples envers Jésus et les fait quitter immédiatement Jean le Baptiste pour Jésus. Et moi, quel est le titre que je donne à Jésus ? Comment est-ce que je m’adresse à lui ?

Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Nous aussi, nous avons été conduits à Jésus par nos parents, nos enfants, un prêtre, un ami ou un collègue… Nous pouvons en rendre grâce, mais à un moment donné, ceux-ci doivent en quelque sorte s’effacer quand vient notre rencontre avec le Christ. Vous avez noté que c’est le Christ qui a l’initiative : c’est lui qui pose la question « Que cherchez-vous ? ». Ce ne sont pas les deux futurs disciples qui l’interrogent en premier. C’est Dieu qui fait toujours le premier pas vers nous.

« Que cherchez-vous ? » Comme si le Christ ne le savait pas. Saint Augustin disait : « La prière ne vise pas tant à instruire Dieu qu’à construire l’homme ». Le Christ demande juste aux deux disciples d’être en quelque sorte au clair avec eux-mêmes, cohérent entre leur désir et leurs actes. Et nous, qui cherchons-nous en Jésus-Christ ? Quelqu’un qui va nous guérir, donner du sens à notre vie, quelqu’un à qui on peut tout confier, quelqu’un qui va mettre un baume sur nos plaies, qui va nous indiquer le chemin du bonheur…

Rabbi, où demeures-tu ? …Ils virent où il demeurait. On retrouve ce verbe demeurer à bien d’autres endroits dans l’évangile de Jean. C’est pour Jean un terme théologique qui marque l’attachement définitif à Jésus. Pour Jean, le disciple est celui qui demeure avec Jésus. Non pas rendre visite de temps en temps mais demeurer. Pour donner une illustration, non pas penser au Christ juste à la messe et au moment de la prière, mais penser à lui à chaque instant. Ou du moins essayer. C’est cela que signifie : demeurer.

Concluons
« Tu m’as appelé, me voici ». Cet appel, Dieu l’adresse à chacun de nous. Pas seulement pour un choix de vie, devenir prêtre, religieux, diacre, prendre tel engagement, se marier… ces mots nous sont aussi adressés dans la vie quotidienne. Dieu nous appelle aussi là, et d’abord là, dans le quotidien de nos vies. Va demander pardon à la personne que tu as offensé, va proposer ton aide pour tel service, écoute davantage telle personne… Aucun domaine de notre vie ne doit lui rester étranger.
Pour sentir que l’on est appelé, il faut bien sûr être capable d’écouter. Mais si nous ne sentons pas capables de dire, comme Samuel : « Parle, ton serviteur écoute », alors demandons comme Salomon cette grâce : « donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute ».

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