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Homélie - 28ème dimanche TO – année A - 11 octobre 2020 - Christian Carol


Je méditerai en introduction la première lecture puisque celle-ci est toujours choisie pour résonner avec l’évangile du jour.

La première lecture, tirée du livre du prophète Isaïe, nous dépeint la fin des temps comme un banquet, un repas de fête. Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux. Dans la suite du texte, les bonnes nouvelles continuent : il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages.

Et comment réagit le peuple à cette bonne nouvelle ? Il reconnait Dieu comme le Sauveur : ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ! ».

Cette première lecture nous présente le programme de Dieu pour l’homme : du bonheur, de la joie ! Si ce programme sera pleinement vécu à la fin des temps, il commence dès aujourd’hui.

Passons maintenant à l’Evangile
Dans l’Evangile, le Christ reprend cette image d’un repas en ajoutant une précision : c’est une noce. « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Nous comprenons que le roi, Dieu le Père, veut fêter l’alliance de son Fils, le Christ, avec tous ses sujets, c’est-à-dire avec nous.
Jusque-là, tout va bien. Et voilà que la tonalité de l’Evangile du jour change du tout au tout. Le roi envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Les sujets du roi refusent de rentrer dans ces réjouissances. Cette réaction peut nous sembler curieuse. Pourquoi refuser de se réjouir de cette noce qui fête l’alliance entre Dieu et nous ? Tout semblait pourtant merveilleux dans cette première lecture.

La première image qui m’est venue à l’esprit à propos de ce refus est celle d’un homme qui a eu une compagne pendant de longues années, compagne dont il a un eu un enfant. Cet homme a cherché dans beaucoup de directions pour finir membre d’une secte manichéenne. Et un jour, il se convertit, est baptisé à 33 ans. Cet homme a prononcé cette très belle phrase : « Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t’ai aimée ! » Cet homme est Saint Augustin. Lui qui était extrêmement intelligent et qui était vraiment en recherche, il a mis du temps à entrer dans la noce. Il le reconnait lui-même : il a aimé le Christ « bien tard ». Si ce génie du christianisme a mis tant de temps à se convertir et à se rendre à la noce, d’autres ne s’y rendront jamais et ne se convertiront pas.

Et moi, est-ce que je vis ma relation à Dieu comme un repas de noce ? Dans une union intime avec le Christ ?

Le roi se mit en colère et invita tous ceux qui se trouvaient aux croisées des chemins, et la salle de noce fut remplie de convives.

Et nous, que venons-nous faire dans cette histoire ? Nous sommes peut-être ces hommes et ces femmes trouvées à la croisée des chemins. Nous avons été invités par pure miséricorde. Car nous sommes souvent distraits, accaparés par les soucis du monde, et nous enfouissons ce désir de Dieu que nous portons en nous-mêmes. Nous vivons si souvent à l’extérieur de nous-mêmes, ou en surface, au lieu de descendre au plus profond de nous, là où le Christ nous attend à chaque instant, pour fêter notre noce.

Pour vous donner un exemple : le Christ m’attend dans la prière. Et moi, je lui réponds : « Attends Seigneur, je rentre à l’instant du bureau. J’ai besoin de me détendre. Je regarde une série sur Netflix et je prierai après. » Ou bien je lui réponds : « Attends Seigneur, j’aime bien avoir une maison en ordre. Je fais un peu de rangement et je suis à toi. » Que de prétextes plus ou moins assumés pour éviter une rencontre qui pourrait changer nos vies.

Mais à force de m’attendre, à force de nous attendre, le Seigneur a appelé d’autres invités : des petits, des pauvres qui n’attendent peut-être plus grand-chose de la vie, car la vie les a blessés. Eux ont soif, soif de la rencontre avec le Christ.

Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : « Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? » L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : « Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors. »

Quand j’ai préparé cette homélie, j’ai été choqué. J’ai eu envie de dire au Christ : Seigneur, c’est injuste de condamner cet homme, il a été trouvé à la croisée des chemins, il a été invité à la dernière minute, c’est normal qu’il n’ait pas eu le temps de mettre un vêtement de noce. Pourquoi es-tu si dur envers lui ?
C’est que ce vêtement de noce, c’est le Christ. Vous vous rappelez ce chant que l’on entonne souvent après un baptême : « vous tous qui avez été baptisé en Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia ». Ce refrain est tiré de l’épitre aux Galates, chapitre 3, verset 27 : « En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. » Ainsi, cet homme est invité par Dieu le Père mais il refuse de s’unir au Christ, autrement dit de se convertir.

Concluons
Le jour de notre mort, quand nous nous retrouverons face à face avec le Christ, il nous dira peut-être : pourquoi as-tu été aussi superficiel, insouciant, indifférent à mon amour ? J’attendais avec une telle impatience que tu viennes à ma noce.
Il est écrit dans l’apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui. » Avons-nous ouvert notre cœur au Christ ? Tout est là !

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