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      Homélie 13ème dimanche TO – année C

Homélie 13ème dimanche TO – année C

Dès le début de ce passage, le ton est donné, un ton empreint de gravité. "Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem."


Une telle introduction dit l’importance que Luc accorde à cette montée vers Jérusalem. Cette précision est une manière pour Luc de dire que les paroles que Jésus va dire sont imprégnées par sa passion, sa résurrection et son ascension. C’est pourquoi il a le visage déterminé, parce qu’il prend la ferme résolution d’aller jusqu’au bout. Pour Luc, ce qui importe, c’est aussi de montrer que Jésus est en route.

Mais cette montée vers Jérusalem ne concerne pas que le Christ. En fait, lorsque Jésus annonce sa Pâque, au tout début de ce passage, c’est aussi la nôtre qu’il annonce. Rappelons nous cette phrase de saint Paul (Rom 14, 8) : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Cela signifie que notre vie et notre mort sont liées à sa vie et à sa mort. Ce que nous devons ainsi comprendre, c’est que le chrétien, à la suite du Christ, n’est pas une personne installée, il est toujours en route, il doit vivre des Pâques, c’est-à-dire étymologiquement des traversées, c’est-à-dire qu’il doit mourir à quelque chose, mais pour un plus grand bonheur. Comme le grain de blé mis dans la terre devient un bel épi de blé, le disciple du Christ est appelé à abandonner sans cesse ses fausses sécurités pour vivre une existence plus riche.

On refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Le Christ fait l’objet de rejet de la part des habitants de Samarie. Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. On peut dire aussi que le Christ est rejeté par ses disciples qui semblent n’avoir rien compris à sa mission et à son enseignement. Oui, le Christ est déroutant, oui il est vraiment difficile de le suivre car avec lui, il faut toujours « quitter son pays » comme le fit Abraham (Gn 12,1).

Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. J’avais lu que dans les premiers temps de l’Eglise, on appelait les chrétiens les adeptes de la voie, car nous sommes des pèlerins sur cette terre, c’est-à-dire que nous sommes toujours en train de nous déplacer. Mais même si nous ne sommes pas tous appelés à marcher autant que Saint-Paul qui a parcouru des milliers ou des dizaines de milliers de kilomètres, nous devrions toujours être en marche – au moins intérieurement – à la suite du Christ. Chaque soir, en relisant notre journée, nous devrions nous demander : qu’est-ce que j’ai découvert aujourd’hui, qu’est-ce que j’ai appris en marchant à la suite du Christ, qu’est-ce que le Christ m’appelle à quitter ?

Le Christ semble tellement dur dans ses propos : « laisse les morts enterrer les morts. Suis-moi. » Pourtant, enterrer les morts, c’est important. Cela l’était à l’époque du Christ comme de nos jours. On l’a vu quand nous étions privés de toute cérémonie à l’occasion de cette pandémie. Que veut nous dire le Christ ?

Laisse les morts enterrer les morts. Cette phrase nous indique la disponibilité, voire le renoncement qui sont requis de tout disciple du Christ ; c’est d’ailleurs ce que vivent les moines. Plusieurs fois dans la journée, du matin au soir, voire dans la nuit, ils doivent immédiatement arrêter l’activité qu’ils ont en cours dès qu’ils entendent sonner la cloche annonçant un office. Cette discipline à laquelle ils s’astreignent marque que leur activité est accessoire et que seul le Christ est important. Cette discipline de chaque jour qu’ils vont vivre toute leur vie les fait gagner en disponibilité intérieure, donc en liberté. Il est important de réaliser qu’être disponible, apprendre à renoncer est un travail de longue haleine, c’est pourquoi les moines et moniales ont toute leur vie pour s’y entraîner.

Laisse les morts enterrer les morts. Pour moi, cela signifie que le Christ nous dit : « donne-moi la priorité en tout ». Avouons que naturellement, nous avons tendance à penser : « Seigneur, laisse-moi d’abord faire ce qui est important : enterrer mes morts, m’occuper de mes parents ou de mes enfants ou petits-enfants, puis, pour l’accessoire, je veux bien te laisser un peu de place. Mais ce n’est pas ce que tu attends de moi. Tu souhaites que je te remette tout ce que je vis. Cela signifie que même quand j’enterre mes morts, je dois le faire en toi, en marchant à ta suite. » Suivre le Christ n’est pas accorder un compartiment de notre vie à la religion, comme on en accorde au travail, à la famille, au sport, au ménage… Suivre le Christ signifie le mettre au centre de notre vie, de toutes nos activités.

Quel rapport avec nos vies ? Je voudrais vous donner un exemple personnel. Depuis quelques semaines, j’essaie de passer moins de temps à consulter les notifications sur mon smartphone. Tandis que je regarde par exemple sur YouTube le résumé d’un match de rugby ou le test d’une montre de montagne, je perçois un appel à la prière. Encore récemment, je me disais : je vais terminer de regarder cette séquence puis je prierai. En fin de compte, j’étais comme happé par l’écran de mon téléphone. Je n’arrivais pas à libérer mon attention, ce qui revient à dire que je n’étais pas libre. Puis je me suis dit : Christian, ta réaction n’est pas celle d’un disciple du Christ. Depuis peu, quand je perçois un appel à la prière, c’est tout de suite que j’essaie d’y répondre. Et même quand je suis au travail et que je ressens un appel à prier, pourquoi ne pas le faire immédiatement, fut-ce quelques secondes, pour le louer ou lui confier l’activité que je suis en train de réaliser ?

Pour conclure

Le Christ, en me bousculant par ses propos exigeants, m’amène à sortir de mes habitudes, bonnes ou mauvaises, à déterminer mes priorités, à être au clair avec ce qui compte pour moi.

Suis-moi. Suivre le Christ, ce n’est pas marcher devant en faisant ce que je veux et en me retournant de temps en temps pour savoir si le Christ me suit. C’est le Christ qui m’indique le chemin et moi je mets mes pas dans les siens. Ce qui se fait notamment par l’écoute de la parole, la prière de relecture de vie ou en prenant un accompagnateur spirituel.

Suis-moi. Suivre le Christ, c’est suivre celui qui a dit : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Si nous ne suivons pas celui qui est le chemin, nous allons nous perdre. « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5).

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