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Homélie - 12ème dimanche TO - année A - 21 juin 2020 - Christian Carol


Ce qui m’a frappé quand j’ai commencé à préparer cette homélie, c’est que dans ce passage, il est beaucoup question de crainte. De plus, certaines paroles semblent dures. Le dernier verset énonce cette règle : « celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux ». Je me suis alors demandé : pourquoi le Christ s’exprime-t-il ainsi ? Quels messages veut-il faire passer ?

Pour répondre à cette question, commençons par parler des persécutions.
Le Christ, dans les versets qui précèdent le passage que nous venons d’entendre, annonce les persécutions qui attendent les disciples. Et dans l’Evangile du jour, il indique quelle conduite adopter dans ces circonstances.
Il faut tout d’abord rappeler que le chrétien est à la fois dans le monde et hors du monde. Nous sommes des pèlerins sur cette terre, c’est à dire un peu comme des étrangers. Dans l’évangile selon St Jean, au chapitre 17, le Christ dit : « Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde ». Ainsi, nous pouvons faire l’objet de rejets. Pour vous livrer un souvenir personnel, quand j’avais 15 ans, j’étais dans l’enseignement public, à Limoges ; quand le surveillant venait en salle de permanence nous annoncer que le prêtre venait d’arriver et que nous pouvions aller le rejoindre, nous étions hués. Quand vous êtes un jeune émotif, très sensible, qui rougit facilement, cela marque, mais en même temps, il me semble que cela forge le caractère.
Les choses ont-elles changé de nos jours ? Comme au temps du Christ, je pense qu’il n’est pas toujours facile de se dire chrétien, surtout à l’heure de la pensée unique, où l’on discrédite facilement le message de l’Eglise. Pour autant, ne rêvons pas d’un âge d’or qui n’a jamais existé. Le Christ nous dit dans ce passage : la condition normale du chrétien, c’est d’être persécuté. Une ONG protestante signalait d’ailleurs en début d’année que 260 millions de chrétiens ont été "fortement persécutés" en 2019.

On comprend qu’avec l’évocation de persécutions à venir, il soit beaucoup question de peur.
La crainte est évoluée 4 fois dans ce passage, sous forme de verbe ou de nom.
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » Le Christ ne veut pas nous effrayer, Il veut juste nous faire prendre conscience que notre vie doit être vécue dans la perspective du jugement dernier. Quand vous marchez en montagne, vous pensez à la vue que vous aurez une fois arrivés au sommet. Quand on marche dans la vie, on pense aussi au sommet de notre vie qui sera la rencontre avec Dieu, un Dieu plein de miséricorde.
Si le Christ dit dans les évangiles que nous ne devons pas avoir peur de proclamer notre foi, c’est bien parce que nous pouvons nous laisser aller à la lâcheté, comme St Pierre. Rappelons-nous aussi qu’il y avait peu de monde au pied de la croix, et surtout des femmes.
II n’est donc pas facile de se dévoiler comme chrétien, de témoigner. Mais nous sommes conviés à le faire.

Comment le Christ s’y prend-il pour nous encourager ?
Le prophète Jérémie introduit bien l’Evangile. « Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable ». Saint Matthieu ajoute : « Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »
Est-ce que nous réalisons le prix que nous avons aux yeux de Dieu ? Pour vous livrer une anecdote personnelle, le 2 juin, mon téléphone et ma montre connectée ont vibré et un message s’est affiché : Anniversaire de Christian. En fait, c’était la date anniversaire de mon baptême que j’avais paramétré. Et j’ai repensé à cette déclaration d’amour du Père à son Fils, qui s’applique à chacun de nous depuis notre baptême, et qui constitue un magnifique encouragement : « tu es mon fils bien aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. »

Dernier point avant de conclure : Il faut choisir son camp.
« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Cette parole du Christ nous pousse à ne pas nous payer de mots, à nous positionner, et à le faire clairement. Est-ce que le Christ est ma priorité ? Est-ce que je suis prêt à risquer ma vie / ma réputation / ma tranquillité pour Lui ?

Conclusion
Si vous vous sentez comme moi un peu dépassé par ces propos du Christ, si vous pensez être difficilement capable de risquer votre vie, méditez/méditons cette parole de St Paul : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ». Si je me sens faible face à l’idée de prendre des risques, en un sens tant mieux. Comme je sais ne pas pouvoir compter sur mes (seules) forces, je comprends enfin que j’ai besoin de la grâce de Dieu et de la force qui est un des dons du Saint-Esprit.

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