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      Faire Face

Faire Face

Martin Steffens est professeur de philosophie et conférencier. Qui connaît ses chroniques sait le sens de la mesure qui le caractérise.


Martin Steffens est professeur de philosophie et conférencier. Qui connaît ses chroniques régulières dans La Croix et La Vie sait le sens de la mesure qui le caractérise. Son "Petit traité de la joie", qui connut un fort succès de librairie, dénote un esprit large et un cœur profondément optimiste.

Or, voici qu’il vient de commettre, à quatre mains avec l’un de ses collègues, "Faire face" (éd. Première Partie), dont le moins qu’on puisse dire est qu’il sort des tonalités habituelles de M. Steffens. Il s’agit d’un cri. Articulé et solidement étayé, puisqu’on a affaire à deux agrégés de philosophie… mais un cri tout de même ! Un cri d’alarme, plus précisément.

C’est que nos deux hommes entendent attirer l’attention du lecteur sur un sujet grave : la logique qui sous-tend les mesures de « distanciation sociale » mises en œuvre depuis quelques mois (confinement, abstention de contact physique, port du masque…). Car derrière la prudence revendiquée, celle qui s’escrime à enrayer légitimement l’épidémie de Covid-19, les auteurs discernent la mise en place d’une « terreur sanitaire » (le mot est d’eux), qui suscite l’émergence de mœurs nouvelles et durables, qualifiée de « morale d’évitement ».
Selon cette dernière, « l’autre est posé a priori comme une menace dont il faut se défier, et moi-même je ne puis m’apparaître que comme un mal (potentiel) dont il faudrait que chacun puisse se préserver » (pp. 47-48).
Voici ce qu’ils écrivent quelques pages plus loin : « Cela revient à aborder la question de la relation non comme ce qui apporte primordialement la vie, mais à partir de la contagion dont elle apporte parfois l’occasion. C’est finalement en arriver à penser la vie dans l’horizon de la maladie, et non de la maladie dans l’horizon de la vie » (p.59). Le fond du problème est donc qu’on accorde au mal une primeur sur le bien. Ce qui relève d’une métaphysique pire encore que celle des dualismes de tous poils, qui ne s’en tenaient pour leur part qu’à une égalité entre bien et mal.
Pour sortir de ce faux pas, les deux auteurs en appellent à sortir du « tout sanitaire » qui, sous des dehors très rationnels, subordonne en réalité l’existence humaine, l’amour qui lui donne tout son sens, et le risque qui lui est inhérent, à un instinct de vie seulement biologique qui en l’occurrence devient morbide.

Tout le propos de cet ouvrage est articulé autour d’une profonde réflexion sur le thème du visage (d’où son sous-titre : « Le visage et la crise sanitaire »), qui puise dans la sagesse humaine et même dans la Révélation de quoi nous persuader que rien n’est perdu, pourvu que nous acceptions de renouer enfin, masque bas, avec le face à face qui depuis toujours fonde le lien social.

Père Vincent Baumann

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