Paroisse de Saint-Cloud
https://paroisse-saintcloud.fr/Confinement-et-deconfinement
      Confinement et déconfinement

Confinement et déconfinement

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • 9 mai 2020
  • réagir
  • 1 vote

A quelques heures du début – relatif – du déconfinement tant attendu, chacun se pose bien des questions sur l’avenir, dont celle des risques qu’il prend, ou qu’il faire prendre aux autres.


A quelques heures du début – relatif – du déconfinement tant attendu, chacun se pose bien des questions sur l’avenir, dont celle des risques qu’il prend, ou qu’il faire prendre aux autres.

Chaque soir nous est décompté le nombre des personnes décédées dans les dernières 24 heures. Mais si l’on sait compter, sait-on aussi réfléchir à ce que ces décès représentent ? Le plus souvent, on ne nous dit pas les conditions dans lesquelles ils surviennent ni la souffrance endurée, celle des malades, celle des familles.

Quel homme politique pourrait aborder frontalement la question de la mort ? Il préfère, et on le comprend, évoquer la surcharge des malades dans les services de réanimation et il dira que le confinement a été fait pour éviter que les hôpitaux soient empêchés de traiter convenablement les patients qui leur arrivent. Cela est raisonnable, car il serait insupportable que des malades ne reçoivent pas les soins, même ultimes, dont ils ont besoin.

Quand il y a une épidémie, il est de la fatalité que quelques-uns décèdent. C’est terrible à dire, mais c’est la réalité. Et si les hommes politiques ne peuvent le dire trop fort, ce sera alors aux hommes de sagesse ou de foi de le rappeler. Les pompiers, les policiers, les soignants, mais aussi les ouvriers sur leur chantier, savent les risques qu’ils prennent. Mais au-delà, il n’y a pas de guerre sans morts, militaires et civiles. Il n’y a pas de transports aériens ou terrestres sans accidents. Nul n’est immortel.

Dans l’évangile on lit : « Il vaut mieux qu’un homme meure pour le peuple, mais que la Nation ne périsse pas » (Jean 11, 50). Quand il s’agit de la mort de Jésus, la mort est consentie, c’est une réalité salvifique. « Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne » (Jean 10, 18).

Quand il s’agit des risques de la vie quotidienne, certes il ne s’agit pas d’un acte de salut éternel, mais par analogie, « il faudra bien », et cette fois le « il faudra » est de l’ordre de la nécessité, reprendre progressivement notre vie sociale ou professionnelle. « Il faudra » aussi , et celui-là est de l’ordre de la fatalité, qu’il y ait d’autres décès avant que la maladie soit éradiquée. Car « il faudra bien » que le plus grand nombre continue à vivre, à se nourrir, à travailler, bref à vivre ensemble.

Il ne s’agit évidemment pas de bénir la mort. Comme telle, elle n’est jamais bonne. Il ne s’agit pas de renoncer aux gestes protecteurs auxquels nos gouvernants nous astreignent. Nous sommes entre nécessité et fatalité.

Le chrétien devrait accepter que l’horizon de sa vie ne soit pas son trépas irrémédiable, mais la vie éternelle. Nous qui vivons de l’eucharistie, ne croyons-nous pas que notre vie entière est offrande et remise en Dieu ?

Alors déconfinons, non pas en bravant l’ennemi, ni en pactisant avec lui, mais en étant convaincus que notre vie est précieuse, et surtout qu’elle est déjà toute entière promise à la vie éternelle.

Père Guy Rondepierre

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.




- Diocèse de Nanterre

- Certificat de baptême

- Commission indépendante sur les abus sexuels dans l\'Eglise

- Fondation Ste Geneviève

- Radio Notre-Dame

- KTO

- Eglise de France

- Vatican News


newsletter

Lectures du jour

Saint(s) du jour