Paroisse de Saint-Cloud
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      « Ne nous conduis pas au lieu du test ! »

« Ne nous conduis pas au lieu du test ! »

Cette année, l’Eglise de France adopte une nouvelle traduction de la sixième demande du Pater.


Les articles abonderont dans les bulletins et les revues pour expliquer les choix anciens et nouveaux. Nous n’y échappons pas ! Aussi, que l’on veuille accueillir ici, avec bienveillance, une explication de plus, que l’on doit au P. Marcel Jousse.
L’expression grecque de nos manuscrits de référence « eis‐phero eis » se traduit par « introduire à » ou « conduire dans », avec un sens premier local. Tout suggère donc l’entrée, la venue dans un lieu. Mais une tentation peut‐elle raisonnablement constituer un lieu ?
Le terme lui‐même « peirasmon », du verbe « peiraô », désigne d’abord l’acte de faire un essai, une tentative, un test, l’acte d’essayer, de tenter et, seulement ensuite, de séduire. Il en est d’ailleurs exactement de même du terme latin « temptatio » : c’est une locution maritime pour « sonder », « tâter le fond », bien avant de signifier « séduire ». Littéralement, la sixième demande signifie : « Ne nous conduis pas au lieu du test ! » De quel lieu peut‐il donc s’agir ? Eh bien, de celui où la relation de Dieu et du peuple d’Israël a été soumise à un test réciproque ! Il appartient, en effet, à l’art d’enseigner de l’époque de Jésus de se référer sans cesse à l’Histoire sainte. Or, il existe effectivement un lieu qui a été appelé « Test » ou « Épreuve », comme le rappelle le psaume 94 : « Si, en ce jour, vous entendez Sa voix, que vous n’endurcissiez pas votre cœur comme à Mériba (Procès), comme au jour de Massa (Test) dans le désert, là où M’ont mis à l’épreuve (epeirasan) vos pères, eux qui M’ont éprouvé bien qu’ils aient vu Mon action ! ». En effet, en ce lieu, les Israélites posèrent un ultimatum à Dieu dans leur pérégrination vers la Promesse, en réclamant du pain, de l’eau et d’être défendus des Amalécites.
C’est pourquoi au récit de la manne et des cailles (Ex 16, 1‐36) correspond la demande du pain dans le Notre Père, puis au récit de l’eau jaillie du rocher (Ex 17, 17) la demande de ne pas venir au lieu du Test, et en fin au récit du combat avec Amalec (Ex 17, 8‐16), qui voulait empêcher le Peuple élu d’entrer en Terre Promise, celle d’être délivré du Malin.
Autrement dit, ce que nous demandons ici, c’est de ne pas être conduits par Dieu à la nécessité que nous soient manifestés notre manque de foi et de confiance en Lui. Que nous sachions nous convertir par nous‐mêmes et sans y être poussés ! Et, pour cela, nous Lui demandons d’abord de nous épargner, si possible, ces circonstances où nous serions justement tentés de perdre confiance en Sa divine Providence, voire même de douter de Son existence. Mais, dans la mesure où ces dernières servent aussi à nous purifier dans notre approche de Dieu, nous Lui demandons enfin, dans un total abandon à Sa volonté, de nous donner la force de les supporter avec foi, amour et persévérance.
Père Frédéric Guigain

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