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      Les mots de la Miséricorde

Les mots de la Miséricorde

Nous le savons, les mots et leur usage ont une histoire. Le mot de miséricorde n’échappe pas à ce constat. Car, à la fois, il est très utilisé en liturgie, notamment dans les oraisons et les préfaces, à partir du mot latin misericordia ; et en même temps il fut longtemps délaissé par les théologiens et le peuple chrétien.


Le cardinal Kasper donne à cela deux raisons. La première est théologique. Parmi les nombreux attributs de Dieu, la miséricorde ne semblait pas assez exprimer la perfection divine qui serait mieux traduite par des termes plus métaphysiques : la toute‐puissance,l’omniprésence etc… Un Dieu parfait peut‐il avoir un cœur qui souffre ?

L’autre raison, plus contemporaine, serait que la miséricorde, la pitié, la compassion relèvent d’une sentimentalité faible, qui pourrait recouvrir des attitudes paternalistes contraires à une exigence de justice et de vérité.

Nos papes ont permis à ce mot de sortir de l’oubli ou du mépris dans lequel il était tombé, en discernant que la réalité de la miséricorde et de la compassion est essentielle pour témoigner de la véritable nature de Dieu, dont toute la Bible nous dit qu’il est miséricordieux, et bien sûr pour répondre aux défis et aux malheurs de ce monde.

Le mot a deux racines dans la Bible. Une première désigne un mouvement qui vient du cœur ou des entrailles. Jésus est pris aux entrailles quand il rencontre la veuve de Naïm qui pleure son fils, ou quand il lève les yeux sur les foules sans bergers. Le bon Samaritain est lui aussi pris aux entrailles à la vue du malheureux abandonné par les voleurs. On peut noter, à chaque fois, l’association entre le regard et le mouvement du cœur.

Une autre racine, ’moins dramatique’, est celle que nous utilisons quand nous chantons le Kyrie eleison (Seigneur, prends pitié). Elle désigne la bienveillance, l’amabilité, la faveur imméritée : Heureux les miséricordieux, C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. Nous vivons de cette bonté de Dieu pour nous et pour les hommes.

Où les modernes sont tentés d’opposer, par exemple, justice et miséricorde, l’Ancien Testament, notamment sous l’influence des prophètes, ne connaissait pas ces oppositions. La justice, la fidélité, la miséricorde, la tendresse, la lenteur à la colère sont autant de modes par lesquels Dieu agit et se révèle.

Alors nous‐mêmes, profitons de ce mot de miséricorde, mais ne le saturons pas trop vite. Sachons utiliser toute la gamme que le vocabulaire nous offre pour dire les bienfaits de Dieu et les bienfaits que nous pouvons nous donner les uns aux autres.

Père Guy Rondepierre

Le livre du Cardinal Kasper : La Miséricorde, NoƟon fondamentale de l’Evangile et Clé de la vie chrétienne, EdB, éditeur.

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