Paroisse de Saint-Cloud
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      L’appel universel à la sainteté

L’appel universel à la sainteté

Entre la solennité de la Toussaint et l’évangile de ce dimanche, nous voici au cœur du plus profond paradoxe de notre vocation chrétienne.


Cette belle fête nous a rappelé la foule immense des saints qui peuplent le Ciel et qui cependant sont restés inconnus sur la Terre. S’ils ne sont pas honorés sur les autels de l’Église, ce n’est pas faute de vertu devant les hommes ni de grâce devant Dieu. Mais, c’est parce que – croyons‐nous – le Très‐Haut Lui‐même s’est complu dans leur sainteté cachée. Aussi cette fête nous invite‐t‐elle à reconnaître dans notre vie anodine l’écrin secret où réside l’enjeu de notre plus sublime destinée.
Et les propos sévères du Seigneur à l’encontre de l’hypocrisie, de la vanité humaine et de la fausse gloire dans les choses de la religion, qui peuvent nous paraître si éloignés désormais de l’état actuel de notre pratique, sont aussi là pour le rappeler à notre conscience assoupie. Se détacher des simples apparences pour se plonger dans l’immensité réelle de leur profondeur, et découvrir comment l’ordinaire est en vérité extraordinaire, tel est le seul et unique défi de la sainteté. Tout le reste sera surajouté. Si le ton réprobateur de Jésus – nécessaire parfois à tout bon pédagogue – nous effraie, laissons‐nous alors toucher par les paroles consolantes de Madeleine Delbrêl :
« Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne "retire pas du monde".
Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire, ou sont des célibataires ordinaires. Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire. Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue. Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté. Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné […]
Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir ; parler ou se taire ; raccommoder ou faire une conférence ; soigner un malade ou taper à la machine. Tout cela n’est que l’écorce d’une réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.
On sonne ? Vite, allons ouvrir : c’est Dieu qui vient nous aimer. Un renseignement ? Le voici : c’est Dieu qui vient nous aimer. C’est l’heure de se mettre à table ? Allons‐y : c’est Dieu qui vient nous aimer. Laissons‐le faire. »

Père Frédéric Guigain

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