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      Homélie du dimanche 18 octobre 2015 - Père Rondepierre

Homélie du dimanche 18 octobre 2015 - Père Rondepierre

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  • 21 octobre 2015
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29ème Dimanche ordinaire


L’évangile que nous venons d’entendre fait suite, dans l’évangile de Marc, à la troisième annonce de sa passion par Jésus lui-même.
La première fois où Jésus avait annoncé qu’il devrait souffrir, mourir et ressusciter, c’est Pierre qui l’apostrophe en lui disant, « non ce n’est pas possible », et Jésus lui répond énergiquement : « passe derrière-moi, tu m’’es un Satan ».
La seconde fois dans l’évangile de Marc où Jésus annonce sa passion, se sont les disciples en chemin qui discutent entre eux pour savoir qui est le plus grand, et Jésus leur répond en mettant un enfant entre eux et lui en disant : « si quelqu’un veut être le premier qu’il soit le dernier et le serviteur de tous ».
Aujourd’hui ce sont les deux fils de Zébédée qui lui demandent de siéger l’un à droite, l’autre à gauche dans le Royaume.
Et Jésus leur répond : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? »

Comme quoi les disciples eux-mêmes ont un mal fou à sortir de leurs préoccupations, de se mettre à la hauteur de l’histoire de leur maître, de percevoir ce qui est en train de se passer - ils ne peuvent entendre ce que Jésus leur dit quand il affirme qu’il lui faudra souffrir. On peut imaginer qu’ils ont encore plus de mal à entendre quand Jésus leur dit qu’il doit aussi ressusciter.

Ces résistances de l’homme devant la souffrance de Jésus est souvent aussi la nôtre : que Jésus ait souffert, nul n’en doute. Que le Fils de Dieu ait souffert, que Dieu lui-même soit engagé dans cette souffrance, alors nous avons infiniment plus de mal à le percevoir, à l’accepter, à le comprendre.

Malgré leur réaction un peu infantile, ou plutôt à cause d’elle, j’ai une grande tendresse pour ces deux jeunes gens comme j’en ai une autre pour le jeune homme riche de la semaine dernière.
Finalement ils ont de l’ambition : ils ont envie d’être à gauche et à droite du Maître quand il sera dans le Royaume : ambition un peu gamine, pourquoi pas, ambition mal fondée, certainement, Jésus le leur dira un peu durement : « celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ».
Mais quand il leur demande s’’ils sont prêts à marcher avec lui, à boire à la même coupe, à être baptisés du même baptême, ils répondent immédiatement, en complète confiance avec lui.

Ces deux garçons ont de l’ambition.
Finalement, avons-nous nous-même un peu d’ambition spirituelle ?
Avons-nous envie d’être quelqu’un dans le royaume ?
Avons-nous envie, dans cette course qu’il faut courir, d’arriver à un bon rang, non pas pour être meilleurs que les outres, mais au moins pour rester dans le sillage de Jésus ?
Avons-nous un peu l’ambition d’une prière personnelle,
de vivre l’évangile au jour le jour,
de connaître quelque chose à la Bible,
de dire des choses sur Celui en qui nous croyons,
d’être des serviteurs à la manière de Jésus ?

Ou n’avons-nous pas décidé depuis longtemps que nous ne changerions plus,
que la prière c’est trop difficile,
le pardon est impossible,
et que ce que tout le monde fait, pourquoi je ne le ferai pas ?
Je ne ferai pas la liste des manques d’ambition spirituelle qui peuvent nous atteindre.

A force de dire que Dieu seul est parfait, n’avons-nous pas trop vite renoncé à un travail intérieur, à un renouvellement en profondeur ?

J’aimerais que nous ayons aussi de l’ambition pour notre Église : pas seulement des regrets,
parce que « tout le monde il devrait croire, tout le monde il devrait être gentil »,
mais que nous ayons l’ambition concrète, là où nous vivons, que l’Église grandisse, que son témoignage soit connu et reçu et que nous lui en donnions les moyens.
Le premier moyen de l’Église, c’est nous ; une communauté cela se vit, cela s’enrichit, cela nous engage.

En même temps que je dis cela, j’entends aussi le reste de l’Écriture..
Toute la semaine, au cours des messes quotidiennes nous avons entendu l’épître aux Romains :
« La foi seule sauve, la foi seule justifie ».
Nous venons d’entendre l’épître aux Hébreux :
« Le grand Prêtre n’est pas incapable de compatir à nos faiblesses, il a été éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Ayons pleine assurance (…) pour obtenir miséricorde et recevoir, le temps voulu, la grâce de son secours ».

Encore une fois, nous savons que Dieu saura bien nous rejoindre dans notre faiblesse, et nous y faire porter du fruit.


La question n’est pas de vivre parfaitement notre christianisme, mais de vivre chrétiennement les situations compliquées et contradictoires dans lesquelles nous sommes plongés, souvent les impuissances auxquelles nous sommes confrontés...


Ayons pleine assurance, non pas de recevoir une place à droite ou à gauche du Seigneur, ou la palme de la perfection, mais de recevoir en temps voulu la grâce dont nous avons besoin.

Ceci n’est pas une ambition, mais une assurance, une certitude.
AMEN.

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