Paroisse de Saint-Cloud
http://paroisse-saintcloud.fr/Homelie-de-la-nuit-de-Noel-et-du-jour-de-Noel-2016-Pere-Rondepierre
      Homélie de la nuit de Noël et du jour de Noël 2016 - Père Rondepierre

Homélie de la nuit de Noël et du jour de Noël 2016 - Père Rondepierre

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • 25 décembre 2016
  • réagir
  • 2 votes

Homélie pour une Nuit de Noël

“Seigneur, tu as fait resplendir cette Nuit très sainte des clartés de la vraie lumière : de grâce, accorde-nous qu’illuminés dès ici-bas par la révélation de ce mystère, nous goûtions dans le ciel la plénitude de sa joie”.

C’est avec les mots de cette oraison que nous avons tout-à-l’heure rassemblé notre prière pour la présenter à Dieu. Des mots qui inscrivent en lettres d’or le mystère que nous célébrons en cette nuit.

Mystère de sainteté, car la nuit de Noël ne nous appartient pas, c’est Dieu qui vient l’habiter et nous accueillons celui qui vient dans l’adoration,
Fête de la lumière, une lumière qui nous illumine sans nous aveugler, qui nous enrichit sans nous brûler, qui peut vaincre la nuit sans briser nos libertés,
Hymne à la joie, la joie secrète de Marie et de Joseph, et celle plus bruyante des anges et des bergers,
Appel à la plénitude, que nous ne goûterons qu’à la fin des temps, mais qui dilate déjà nos coeurs pour les ouvrir aux dimensions de la terre des hommes, aux dimensions du coeur de Dieu.

Frères et soeurs, je n’oublie pas que la vie a des duretés. Je pense en cette nuit à tant de gens que j’aime qui, cette année, ont souffert, se sont déchirés ou qui sont morts. Notre joie n’est pas naïve, elle n’est pas exempte de nuits profondes. Mais c’est bien dans la nuit que le mystère de Noël commence à nous être révélé … pour vaincre la nuit, pour nous ouvrir au jour.

Regardons ce que nous dit l’évangile. Le monde entier est comme convoqué à la crèche : Marie et Joseph, les anges et les bergers, les mages venus des bouts du monde. L’empereur Auguste lui-même, qui croyait recenser le monde à son profit, ne fait que convoquer les habitants de son empire au rendez-vous d’une naissance dont il ignore tout, mais que Dieu prépare pour nous.

J’ai toujours aimé dans cet évangile de Luc l’effet extraordinaire de zoom (comme le zoom d’une caméra) par lequel l’évangéliste fait apparaître les scènes successives de la Nativité. Pour commencer, c’est aux dimensions du monde que Luc nous fait porter notre regard : toute la terre est convoquée au recensement. Puis nous voici dans une province de cet empire, en Syrie, dont Quirinius est le gouverneur, puis en Galilée, à Nazareth. La caméra se fixe un instant, et elle se déplace, en accompagnant Joseph et Marie jusqu’en Judée puis à Bethléem. Et l’oeil de l’évangéliste concentre alors son champ de vision sur une crèche, une mangeoire, et dans la mangeoire un nouveau-né emmailloté, minuscule.
Mais quand l’enfant est né, alors nous reprenons de la distance, de la hauteur : voilà les bergers dans les environs, un ange puis des anges et enfin la terre entière et le ciel : “Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime”.

Frères et soeurs, en cette nuit de Noël, nous ne veillons pas seulement au bord d’un berceau, aussi splendide que soit l’enfant du berceau. Nous sommes les veilleurs de la terre entière.
Nous ne sommes pas les spectateurs d’une naissance. Mais nous recevons, auprès de l’enfant, l’appel à renaître à la vérité et à la lumière, à la joie et à l’adoration.
Nous sommes appelés à renaître à la vie de Dieu non pas en solitaires, mais dans le compagnonnage de notre humanité en mal de naissance, en quête d’une véritable humanité, en quête de Dieu.

Par l’Incarnation du Fils nous devenons les héritiers de la proximité de Dieu, et nous ne pouvons la garder pour nous.
Par l’Incarnation du Fils, nous entrons dans la gloire de Dieu, non pas la nôtre, mais la gloire du Dieu vivant à la manifestation de laquelle il nous associe.

Comme le dira la Préface liturgique du temps de Noël. “Lorsque ton Fils prend la condition de l’homme, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse ; il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels”.

En cette fête de Noël, frères et soeurs, que Dieu nous accorde la paix du coeur et la certitude que nos vies sont préparées pour la joie éternelle.

Homélie pour le Jour de Noël

En relisant les lectures de la messe du Jour de Noël, j’ai été surpris par leur cohérence. Tous ces textes évoquent la Parole.

Dans Isaïe, c’est l’évocation du messager de la Bonne nouvelle : « Ils sont beaux les pas de celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle ».

Dans l’épître aux Hébreux : « Dieu, par les prophètes, sous des formes fragmentaires et variées, a parlé à nos pères. Aujourd’hui il nous parle par son Fils ». Nous entendons que cette parole est totale, complète et décisive.

Dans l’évangile de Jean, le somptueux prologue : « Au commencement, était le Verbe et le Verbe était Dieu, il était auprès de Dieu ».

Jadis, on disait de quelqu’un qu’il avait le verbe haut, ou le verbe fort, pour dire qu’il parlait avec autorité et force. Le Verbe, c’est la Parole qui agit, qui crée, qui fait autorité. Comme il est écrit dans le livre de la Genèse : « Au commencement, Dieu dit » et la terre fut. C’est par sa parole que Dieu créée le monde. Noël est la fête de la Parole qui crée et se fait chair, la fête de la nouvelle création. En Jésus, Dieu se fait connaître, il nous fait signe, il nous parle, il nous recrée pour la vie éternelle. La Création est continue.

« Le Verbe était Dieu, il était auprès de Dieu » et « Il est venu chez les siens ». Ce n’est pas nous d’abord qui allons vers Dieu, c’est lui qui vient vers nous, qui franchit la distance. Cette distance entre Dieu et les hommes qui ne cesse de nous interroger, peut-être de nous inquiéter, mais c’est cette distance qui fonde l’adoration, car nous ne serons jamais Dieu.

« Et les siens ne l’ont pas reçu ». Tant d’hommes n’ont pas voulu recevoir la Parole. C’est l’éternel débat : avons-nous besoin de Dieu ? Ne sommes-nous pas autonomes ? Notre liberté ne serait-elle pas atteinte si nous remettions nos vies en Dieu ? Alors que c’est Dieu lui-même qui nous met au monde et nous fait vivre qui nous donne de devenir enfants de Dieu.

Nous sommes nés de l’amour de nos parents … et du désir de Dieu.
Nous sommes de cette terre … et déjà le ciel nous est ouvert.
Nous sommes mortels … et appelés à l’éternité.
Nous sommes faits de chair et d’os … et l’Esprit de Dieu habite en nous.
Nous sommes fils ou filles … et nous sommes frères ou soeurs.
Oui, nous sommes enfants de Dieu. C’est la plus belle parole que nous puissions dire sur nous-mêmes, celle-là même que des parents appellent sur leur enfant quand ils demandent pour lui le baptême.


« Il a habité parmi nous ». Littéralement il a planté sa tente parmi nous. La vieille tente des hébreux qui dans le désert, portait l’arche d’alliance, est remplacée. Ce n’est plus dans un désert, ni dans un lieu limité que Dieu a planté sa tente. C’est en notre monde, en notre vie.

« Le Verbe s’est fait chair ». Dieu a tellement lié sa vie aux hommes qu’il s’est fait l’un de nous, un avec nous. Il ne reprendra pas ce qu’il a donné. Dès Noël, nous savons que c’est au Vendredi Saint, sur la croix, que le mystère de son amour sera pleinement accompli.

« Et nous avons vu sa gloire ». Non seulement nous avons vu la gloire de Dieu, mais encore nous sommes associés à la manifester.


Et nous aujourd’hui ?
Si Dieu est Parole, et que cette parole est créatrice, il faut que notre parole à nous soit parole de vérité, droite et impeccable. N’est-ce pas l’une des raisons majeures du mal être de tant de nos contemporains, de ne plus pouvoir croire à la parole les uns des autres. Quand la parole est tordue, faussée, mensongère, alors rien ne va plus. Nous savons combien c’est vrai en famille, en entreprise, en politique.

Jadis dans l’un des cérémonials scouts, les garçons avaient à relever ce qu’ils appelaient le défi de l’Homme, et le défi de l’Homme c’était : « Tenir Parole ». Tenir parole, c’est accomplir ce pour quoi nous avons donné notre parole. C’est aussi dire ce qui est vrai et non pas ce qui est faux.Tenir parole, ce sera, quand il le faudra, oser prendre parole, même quand cela est difficile et peut nous coûter. Tenir parole, un autre jour, sera de retenir sa parole, avant qu’elle ne fasse mal.

Si Dieu est Parole, que notre parole alors soit elle-même bonne, bienfaisante et vraie. En cette belle fête de Noël, que notre parole en réponse à la parole de Dieu faite chair, soit parole et promesse de bonheur.

AMEN

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Logo Horaires

Logo Faire un don