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      Homélie de la nuit de Noël 2015 - Père Rondepierre

Homélie de la nuit de Noël 2015 - Père Rondepierre

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  • 26 décembre 2015
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Soir et Nuit de Noël 2015




L’histoire raconte, mais peut-être n’est-ce qu’un conte ou une légende, qu’après que l’enfant fut né, après que les anges aient chanté leurs chants glorieux, après que les bergers soient partis tour à tour ayant adoré l’enfant, alors enfin que Marie et Joseph se croyaient enfin seuls, ce à quoi ils espéraient quand même discrètement, apparût dans la porte de la crèche une vieille femme, ridée, fatiguée, vieille comme le monde.
Elle s’approchait à pas lent vers l’enfant. Marie la regardait ne sachant si elle devait avoir peur ou si elle devait comprendre que quelque chose de l’étonnement de la révélation se continuait.
La femme avançait prudemment et, plus Marie la regardait, plus il lui semblait reconnaître ce visage, ce sourire, ces yeux.
Elle approcha encore de l’enfant qui, lui, ne semblait inquiet de rien et quand elle fut suffisamment proche, elle ouvrit lentement sa vieille main et, de la main, elle déposa dans la mangeoire de l’enfant un fruit, déjà tout fané, déjà lui aussi tout ridé. C’était une pomme.
Vous avez deviné que cette femme était la vieille Ève, la mère de tous les vivants, qui venait auprès de l’enfant Dieu déposer son péché, ou au moins le signe de son péché, et aussi notre péché commun.
L’histoire dit encore que l’enfant ouvrit les yeux et qu’il eut pour elle ce grand sourire qui permit à la vieille de partir sans se retourner et sans jamais revenir.

Peut-être l’histoire a-t-elle été inventée, mais alors par un génial conteur théologien. Elle reste vraie, éternellement vraie.

À la crèche, cette nuit là, c’est un nouvel homme qui vient de naître, c’est le nouvel Adam. La malédiction, le péché qui pesaient sur les hommes ne sont pas effacés, il sont dépassés, laissés en arrière de nous. Le Christ, nouvel Adam, nous entraîne dans une alliance nouvelle et définitive. L’homme chassé du paradis terrestre est rejoint dans sa nouvelle terre par le fils de Dieu lui-même. L’homme et son Dieu sont réconciliés.
Et l’Eglise, dans sa sagesse, dans la profondeur de sa méditation, aime dire aussi que si Jésus est le nouvel Adam, l’homme parfait, alors Marie elle-même est la nouvelle Eve, la Vivante, la mère de tous les croyants.


La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes, dit l’épître de cette nuit. Elle nous est donnée en Jésus pour que nous soyons un peuple ardent à faire le bien.

Frères et sœurs j’entends aussitôt l’objection : s’il en était vraiment ainsi, alors pourquoi encore tant de méchancetés, tant de guerres et tant d’hommes ou de femmes brisés par les crises ou les violences successives ?
 La question est réelle !
Pourquoi l’homme continue-t-il sans cesse ce combat entre le bien et le mal, pourquoi le péché continue-t-il à peser sur lui et à peser sur nous ?
L’évangile lui-même ne méconnait pas la question : quelques jours après la naissance de Jésus, selon l’évangile, ce sera le massacre des innocents. Trente ans plus tard, Jésus lui-même sera cloué sur la croix, lui qui n’aura fait que du bien.


Telle est l’énigme de Noël :
mystère d’innocence, en Jésus Dieu et le monde sont réconciliés
et en même temps perpétuation de la question du mal. Le pouvoir dévastateur de l’homme sur les autres hommes n’est pas supprimé, la liberté de l‘homme n’est pas abolie.

Mais justement en cette Nuit de Noël,
notre liberté est appelée à un sursaut :
un sursaut de confiance, un sursaut d’espérance, un sursaut d’amour/charité.
Oui, nous pouvons être pardonnés et nous pouvons pardonner.
Oui, nous nous savons aimés et nous pouvons aimer.
Oui, nous pouvons faire, comme à la crèche, place à plus petits que nous et exercer réellement nos responsabilités.
Oui, nous pouvons croire, car ce n’est pas si difficile de faire confiance.
Oui nous pouvons renaître, avec Jésus, avec Marie, avec les saints, renaître à la vie, dans la confiance, dans l’espérance, dans l’amour/charité.

Laissons mourir en nous le vieil Adam, ou la vieille Ève, et recevons auprès de la Crèche non plus la pomme de discorde mais la pomme d’amour.


AMEN

PS : D’après un conte de Jérôme et Jean Tharaud, La dernière visiteuse.

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