Paroisse de Saint-Cloud
http://paroisse-saintcloud.fr/Homelie-de-l-Epiphanie-04-01-2015
      Homélie de l’Epiphanie (04/01/2015) - Père Lebouteux

Homélie de l’Epiphanie (04/01/2015) - Père Lebouteux

Les deux rois.


La fête de l’Epiphanie est souvent appelée aussi la « fête des Rois ». Cette dénomination – outre la galette – vient de ce que les Mages sont considérés comme des rois. Or, le texte de l’Evangile se contente d’indiquer « des mages » ; en réalité, le rapprochement avec le texte du prophète Isaïe qui déclare : « les nations marcheront vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton aurore » a fini par désigner ces personnages comme des « Rois Mages ».

Pourtant il est bien question de rois dans ce récit. Le premier que nous découvrons, c’est le roi Hérode qui vit à Jérusalem à l’époque de la naissance de Jésus. Or, lorsque les mages arrivent à Jérusalem, ils demandent le lieu ou doit naître le « roi des Juifs », nous sommes donc en présence de deux rois, le premier qui règne à Jérusalem, et le second qui vient de naître à Bethléem et nous allons en découvrir les différents aspects. Si nous considérons le roi Hérode, nous constatons qu’il est « bouleversé » devant la question des mages cause chez lui. Sa réaction indique que cet enfant qui vient de naître représente pour lui une menace, un concurrent et nous découvrirons rapidement que son projet est de le supprimer. Il n’est pas envisageable pour lui de partager son pouvoir et il manifeste que ces deux rois sont incompatibles, que l’un est en trop. Il est pourtant curieux de craindre un enfant nouveau-né. Le roi Hérode était réputé pour sa cruauté, il affirmait son pouvoir sans partage au moyen de la violence si nécessaire. Il était suspicieux de tout et de tous, se sentant menacé de toutes parts. Il possédait la richesse, voulait être considéré et faire sentir sa puissance. Pour cela il n’hésite pas à jouer du mensonge et de l’hypocrisie. En convoquant les mages en secret, il leur signifie qu’il désire aller lui aussi se prosterner devant l’enfant… Mais qui croit un mot de son discours ? Il les envoie vérifier l’endroit, sans se déplacer lui-même, signe de son pouvoir qui le l’enchaîne. Sa volonté de domination le paralyse.

L’autre roi e vient de naître à Bethléem, c’est lui qui attire les mages et non celui de Jérusalem. Ils ont fait un long chemin, un déplacement important, mais il leur reste un peu de route pour rejoindre Jérusalem. Cette dernière partie les fait passer d’un roi à l’autre, de celui qui s’impose à celui qui se donne, d’un règne éphémère à un royaume éternel. Pour arriver jusqu’à lui, ils vont se prosterner, signe certes de leur profond respect, mais aussi signe de leur abaissement, c’est en s’abaissant que l’on rencontre le Christ en vérité. Ce roi révèle en fait la véritable nature de l’autre roi resté à Jérusalem, il est la lumière qui vient dissiper les ténèbres.

Nous retrouvons la présence de ces deux rois dans notre cœur. Celui de Jérusalem : ce qui en nous est désir de puissance de domination, de rester accroché à son confort et à ses richesse, qui nous conduit à la violence au mépris et au mensonge, mais aussi celui de Bethléem qui nous invite à la simplicité, à la fraternité et à l’humilité. Nous percevons parfois Jésus comme une menace dans notre vie : il voient nous prendre notre temps, il nous empêche de vivre et de faire ce que nous voulons, il vient remettre en cause notre manière de vivre. Alors, nous voulons le mettre de côté, l’ignorer, rester à Jérusalem. Mais nous sentons aussi qu’une telle attitude ne peut nous laisser en paix.
Nous sommes inquiets pour notre réputation, pour nos richesses, pour notre pouvoir. Nous aimons avoir de l’influence et être admiré des autres. Autant de logiques mondaines qui nous paralysent.
Pour atteindre Bethléem, le Mages eurent recours à l’Ecriture qui nous indique le chemin, mais ils retrouvèrent aussi l’étoile. Lorsqu’ils la virent, ils « se réjouirent d’une très grande joie », certes, elle leur avait déjà fait entreprendre une longue route, mais il restait ce petit chemin à parcourir. L’insistance sur la joie éprouvée nous indique que la route mène vers Jésus. Nous aussi, lorsque nous venons à la rencontre du Seigneur, nous pouvons ressentir cette même joie, alors que la logique du monde laisse inquiet et triste. Cet enfant ne représente pas une menace pour notre vie, il ne vient rien nous prendre, mais au contraire tout nous donner. En le prenant dans nos bras, c’est en fait lui qui nous prend dans sa vie. Nous n’avons alors plus rien à craindre, Hérode ne pourra l’atteindre. Après leur rencontre avec Jésus, les Mages reprennent un autre chemin, ils contournent Jérusalem, signe du choix qu’ils ont fait de ce roi présent dans cet enfant.

Nous faisons l’expérience de cette tension intérieure entre ces deux rois. Entre notre désir de confort, de reconnaissance, de domination et de puissance ou Jésus devient un concurrent et notre désir de paix de fraternité, de justice et d’amour qui nous propulse dans les bras du Seigneur. N’ayons pas peur de nous faire tout petit comme cet enfant, pour le laisser régner dans nos cœurs. Nous ne représenterons alors de menace pour personne et pourrons vivre la confiance et la joie. Ne restons pas bloqués à Jérusalem et prenons la route jusqu’à Bethléem.

Au seuil de cette nouvelle année, que la lumière de Bethléem vienne dissiper les ténèbres de nos cœurs, de la violence, du mensonge et de l’illusion pour nous faire entrer dans la joie et la paix.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Logo Horaires

Logo Faire un don