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        Dédicace de l’église Stella-Matutina

Dédicace de l’église Stella-Matutina

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  • 25 février 2013
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La Dédicace de l’église Stella-Matutina


À PROPOS DE LA DÉDICACE

A. L’origine de cette appellation
Il semble bien qu’il n’existe pas d’autre église placée sous ce vocable.
Le nom latin de Stella Matutina ne donne aucune difficulté au traducteur : il s’agit de l’Étoile du Matin. Mais on peut se demander à qui cet attribut correspond : est-ce le Christ ou la Vierge ? Pour le chanoine Henri Collin (curé de Saint-Cloud de 1943 à 1966), le choix fut clair : il dédia l’église qu’il avait fait construire à la Vierge Marie. On peut pourtant se demander si c’est le seul sens à retenir.

Dans la mythologie, l’étoile désigne la planète brillante, Vénus : elle apparaît à deux endroits opposés selon le moment. Au matin elle annonce la nouvelle journée, le renouveau perpétuel ; c’est aussi le signe de la victoire de la lumière sur les ténèbres. Le soir, elle indique la plongée dans les ténèbres : le christianisme donna ce surnom à Lucifer.
Elle est le signe de la victoire de la lumière sur les ténèbres : dans le christianisme, elle est devenue l’image du Christ et de Marie.
Pour la Bible, les étoiles sont des créatures de Dieu (Gn 1, 16) et non des divinités. Elles servent aussi d’images pour désigner ceux qui accomplissent la volonté divine : "Les sages brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme des étoiles dans les siècles des siècles." (Dn 12, 3).
À cause de la prophétie du païen Balaam, la symbolique de l’étoile fut aussi appliquée au Messie attendu : "Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : une étoile se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël." (Nb 24, 17).
Dans le langage oriental, l’image de l’étoile est courante pour désigner un prince : elle sera retenue pour désigner le roi David et, par suite, son héritier. (Certains Pères de l’Église verront l’étoile de Jacob dans celle qui guidait les mages vers Bethléem, Mt 2, 2).

Elle sera donc logiquement appliquée à Jésus Christ : "Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ; grâce à elle, du haut des cieux, une étoile est venue nous visiter." (Lc 1, 78). Le livre de l’Apocalypse va en ce sens : "Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Je suis le descendant, le rejeton de David, l’étoile resplendissante du matin." (Ap 22, 16). Dans le même livre, on lit que le croyant participera à la gloire qui vient de lui : "Le vainqueur, celui qui garde jusqu’à la fin la conduite que je prescris (...) je lui donnerai l’étoile du matin." (Ap 2, 26…28). Marie est évidemment la première des croyantes ; celle qui se présente à Nazareth comme accomplissant la volonté de Dieu (Lc 1, 38) est celle qui, à Cana, invite à faire comme elle (Jn 2, 5).

Au cours des temps on a donné à Marie des noms et des attributs de toutes sortes, certains étaient fantaisistes, d’autres carrément faux du point de vue théologique… La tradition de l’Église a en heureusement retenu d’authentiques, ainsi ceux des litanies dites de Lorette qui semblent dater du 12ème siècle et furent approuvées par le pape en 1587. La Vierge Marie y est appelée Stella Matutina. On lui y donne aussi le titre de Stella Maris (Étoile de la Mer) qui est la traduction latine de la forme juive du nom de Marie (Myriam). Dans beaucoup d’iconographies, l’étoile figure sur le manteau de la Vierge.
Un commentaire ancien (18ème siècle) de ces litanies, on peut lire : "Nous avons imité la pratique de quelques Docteurs distingués par leur piété et leurs lumières, en appliquant à la Sainte Vierge dans un sens qu’on appelle accomodatif, les paroles de l’Écriture Sainte qui dans le sens littéral se rapportent ou à Jésus Christ ou à l’Église ou à quelque Saint Personnage."
Il semble qu’il ne faille pas chercher plus loin l’appellation de Stella Matutina appliquée à la Sainte Vierge…

B. Quelques textes à méditer

L’étoile du matin surgit et chasse du ciel les ténèbres ;
toute la troupe des rôdeurs déserte le chemin du mal.
Au chant du coq l’espoir renaît, la santé revient aux malades,
le brigand cache son poignard, les pécheurs reprennent confiance.
Extrait d’une hymne de saint Ambroise de Milan (4ème siècle)

Réjouis-toi, étoile sans déclin qui dans le monde a introduit notre soleil. (...)
Réjouis-toi, étoile annonciatrice du Soleil levant.
Extrait de l’Hymne acathiste, composée au 8ème siècle par le patriarche de Constantinople.

Marie est la belle et admirable étoile qui s’élève au-dessus de cette vaste et immense mer, et qui brille par ses mérites en même temps. (...)
Ô homme qui te sens dériver, dans cette marée du monde parmi les orages et les tempêtes, plutôt que marcher sur la terre ferme, ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre, si tu ne veux pas sombrer dans la bourrasque. Quand se lève le vent des tentations, quand tu es emporté vers les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie ! Si tu es ballotté par les vagues de l’orgueil, de l’ambition, du dénigrement, de la jalousie, regarde l’étoile, appelle Marie !
Saint Bernard, Louange de la Vierge Marie, seconde homélie (12ème siècle)

Nous avons besoin de deux phares et de deux étoiles dans notre obscur cheminement d’ici-bas : de l’étoile divine qu’est Notre Seigneur Jésus Christ (Ap 23, 16), et de l’étoile qu’est Marie Stella maris. Splendide étoile du matin, ce Jésus qui dans les ténèbres de ses suprêmes douleurs a fait de la croix du Golgotha le phare du salut des hommes, illuminant tout autre phare et étendant ses rayons au-delà même des confins de la terre. Au pied de la croix resplendit l’étoile qu’est Marie, Mère du crucifié et notre Mère, phare de misé-ricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance.
Pie XII, 21 avril 1940

Stella Matutina.
Étoile du matin.
Brillez dans chacune de nos vies.
Éclairez et guidez le matin de toute existence terrestre.
Gardez précieusement le dépôt de ces tout-petits que nous vous consacrons.
Quand arrive le matin de leur jeunesse, guidez nos adolescents au carrefour.
Et pour chacun de nous, auquel le jour qui se lève chaque matin apporte un renouvellement de vie, soyez vraiment porteuse de lumière. Soyez l’étoile que nos yeux fixeront avant toute chose.
Qu’à votre clarté nous ordonnions ainsi nos activités.
Jour après jour.
Jusqu’à ce jour dernier.
Jusqu’à ce matin éternel.
Où nous retrouverons encore là, Marie, notre Mère.
Pour nous guider et nous introduire éternellement.
Porte du Ciel.
Auprès de Celui qui est la Lumière.
De laquelle, sans fin, nous participerons.
Agnès Richomme, Louanges mariales, commentaire des litanies de la Sainte Vierge, collection "Action féconde", Fleurus, Paris, 1958, page 117

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