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      Homélie du dimanche 12 juin 2016 - Père Rondepierre

Homélie du dimanche 12 juin 2016 - Père Rondepierre

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  • 19 juin 2016
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11 ° dimanche du Temps ordinaire

Dans un texte récent, le pape Francois écrit à propos de la confession et des confesseurs : « Quand un fidèle vient se confesser, les confesseurs ne lui poseront pas de questions impertinentes, mais, comme le père de la parabole du Fils prodigue, ils interrompront le discours préparé par le fils : ils sauront accueillir dans le coeur du pénitent l’appel à l’aide et à la demande de pardon ».
En d’autres termes, le confesseur ne laissera pas le fidèle terminer la liste de tous les péchés qu’il a pu préparer et lui dira très vite que le pardon demandé est déjà donné.
Cela s’oppose évidemment un peu à la règle qui dit qu’un pénitent devrait confesser tous ses péchés, sans en oublier un seul, ce que moi-même d’ailleurs je n’ai jamais su ou pu faire.

Le pape, je crois, veut signifier que la démarche de pénitence et de réconciliation que fait un fidèle doit être d’abord une démarche d’amour. Le pénitent vient dire ses manques d’amour, mais surtout il vient chercher, il vient comme quémander l’amour que Dieu a déjà pour lui, cet amour, cette miséricorde qui donne sans compter.

Le fils prodigue de la parabole n’a pas eu le temps de prononcer la phrase qu’il a préparée.
Dans l’évangile d’aujourd’hui la femme dite pécheresse n’a pas préparé de phrase, ni d’aveu. Elle vient seulement avec des gestes, gestes qui paraissent inappropriés au pharisien, mais gestes profonds, pour dire à Jésus sa confiance, son affection, pour dire aussi combien elle a besoin d’être vraiment aimée.
C’est ce que dit Jésus : « Elle a montré beaucoup d’amour. »

Au pharisien, Jésus dit : « Tu vois cette femme ». Il oblige Simon à regarder autrement la femme dont il désapprouve les gestes et la présence : c’est ce fameux regard de Jésus qui change tout.

Par la parabole des deux débiteurs, celui qui devait 500 et l’autre qui devait 50, Jésus oblige Simon à reconnaître que lui aussi a besoin qu’une dette lui soit remise, que lui non plus il ne sait pas mieux aimer que d’autres.

Il peut arriver que les fidèles aient peur d’aller se confesser : qu’est ce qu’il va penser de moi ? L’évangile bannit cette peur. Quand un chrétien vient se confesser, même s’il a à dire des choses abominables, ce qui n’est pas le plus fréquent, je suis obligé de le regarder autrement que précédemment, et de le respecter d’autant plus car il a eu la simplicité et l’humilité de cette démarche.
Je ne peux pas répéter ce qu’il m’a dit, je ne peux pas non plus ruminer ce que j’ai entendu, mais je dois le regarder avec le regard d’amour du Seigneur et partager avec lui la joie du pardon.
De plus, il me rappelle que je suis moi-même pécheur et, souvent, il m’est arrivé de trouver que le pénitent avait sur sa vie plus de discernement et plus d’exigences que j’en ai moi-même. Cela est bienfaisant pour moi aussi de confesser.

Quand quelqu’un vient se confesser avec une liste trop longue, malgré ce que dit le pape, je ne sais pas toujours l’interrompre trop vite. Peut-être a-t-il aussi besoin de cet aveu pour s’en libérer. Les fautes qui pèsent le plus au coeur viennent quelques fois en début de confession, et d’autres fois en fin de confession. Il faut arriver à le deviner pour lui permettre d’en faire l’aveu qui va participer à la libération du coeur dont il a besoin.

Quand la liste est trop longue, j’aime quand même demander, en espérant que ce ne soit pas impertinent : qu’y a-t-il de beau dans votre vie ? Parfois la question déconcerte. Mais elle permet de dire le meilleur d’une vie et dont la non réalisation pèse au coeur de celui qui cherche à faire de sa vie une belle chose et qui n’y arrive pas ?

Pourquoi les chrétiens ont-ils parfois du mal avec le confession ? Pour moi, la première raison semble être celle-ci : le plus difficile dans la confession, ce n’est pas d’y aller, ce n’est pas d’entrer dans le confessionnal, mais c’est d’en sortir ! Car il faut quand même que quelque chose bouge dans ma vie si je viens recevoir la pardon de Dieu et notamment, comme Simon, il faudra que je porte un autre regard sur les autres et que je leur pardonne quelque chose.

Là est la difficulté,
mais là aussi est le miracle.
Le pardon que je reçois me dépasse, la miséricorde qui m’est faite me transforme.
Même si je recommençais d’une façon ou d’une autre à pécher, le sacrement m’a dit que le plus important dans ma vie, c’est l’amour qui m’est donné et l’amour que je donne.

C’est cela croire au pardon, encore faut-il vouloir croire !


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